Le géant technologique Google a officiellement contesté, le 28 septembre, deux décisions de la Commission européenne visant à réguler ses pratiques au titre du Digital Markets Act (DMA). L'entreprise refuse de se conformer aux injonctions de Bruxelles qui lui imposent d'ouvrir son système d'exploitation Android aux assistants intelligents concurrents et de partager les données issues de son moteur de recherche avec des acteurs tiers.
Les exigences de Bruxelles pour Android
La Commission européenne souhaite briser le monopole de fait de Gemini sur les smartphones Android. Les nouvelles directives exigent que Google permette l'intégration native d'assistants tiers, tels que ChatGPT ou Claude, pour des fonctionnalités clés comme le réveil vocal, l'appui long sur le bouton d'accueil ou les interactions directes au sein des applications. Ces changements sont attendus pour le déploiement d'Android 18, prévu au plus tard en août 2027.
Le partage des données de recherche en question
Au-delà du système d'exploitation, l'Union européenne cherche à rééquilibrer le marché de la recherche en ligne. En imposant le partage de données de recherche collectées à grande échelle, Bruxelles espère favoriser l'émergence d'alternatives innovantes et respectueuses de la vie privée. Pour les régulateurs, cet accès est une condition sine qua non pour permettre aux moteurs de recherche tiers de rivaliser avec la puissance de calcul et d'indexation de Google.
L'argument de la protection des données
Pour justifier son refus, Google invoque la sécurité et la confidentialité des utilisateurs. Oliver Bethell, directeur de la concurrence chez Google, soutient que le partage de requêtes, parfois très intimes, exposerait les données personnelles à des risques accrus. De son côté, la Commission européenne affirme avoir mis en place des protocoles d'anonymisation rigoureux et des mécanismes de certification pour les services tiers, tout en autorisant Google à refuser la transmission de données en cas de risque sécuritaire avéré.
Une bataille juridique de longue haleine
Le dépôt de ces recours ne suspend pas automatiquement les obligations imposées par le DMA. Le Tribunal de l'Union européenne pourrait mettre plus d'un an à rendre son verdict, une décision qui fera probablement l'objet d'un appel devant la Cour de justice de l'UE. Ce bras de fer s'inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la firme américaine et les autorités européennes, marquées notamment par une amende de 890 millions d'euros infligée à Google en juillet dernier pour des pratiques anticoncurrentielles.