Goodfood en quête de sauvetage : la justice québécoise valide sa stratégie de survie

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Goodfood en quête de sauvetage : la justice québécoise valide sa stratégie de survie

Le spécialiste québécois des repas prêts-à-cuisiner Goodfood franchit une étape clé dans sa lutte pour éviter la faillite. La Cour supérieure du Québec a validé son plan de restructuration, lui offrant un sursis de six mois pour trouver un repreneur ou lever de nouveaux fonds.

Les faits essentiels

Goodfood a obtenu l’approbation d’un processus de sollicitation de vente et d’investissement (PSVI) par la Cour supérieure du Québec, dans le cadre de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Ce mécanisme lui permet de négocier avec ses créanciers tout en cherchant activement un acquéreur ou des investisseurs. Deux appels d’offres distincts sont lancés : l’un pour les actions de l’entreprise, l’autre pour ses actifs.

L’administrateur indépendant principal, Donald Olds, souligne que cette validation judiciaire marque une « étape essentielle » de la restructuration. Goodfood, basée à Montréal, a annoncé vouloir se protéger de ses créanciers début septembre, tout en assurant la continuité de ses opérations. Ses dirigeants actuels, dont le président Najib Maalouf, restent en poste, tandis que l’ancien PDG Selim A. Bassoul a quitté ses fonctions en septembre.

La société, spécialisée dans les repas livrés prêts à cuisiner, fait face à une situation financière critique. Ses liquidités ont fondu : 4,7 millions de dollars en juin 2024, contre 12,3 millions un an plus tôt. Une dette de 29 millions de dollars doit être renouvelée d’ici mars 2027, selon ses derniers états financiers.

Pourquoi c'est important

Cette approbation judiciaire donne à Goodfood un cadre légal pour négocier avec ses créanciers sans risque de liquidation immédiate. Le PSVI lui offre une fenêtre de six mois pour stabiliser sa situation financière, un délai crucial alors que ses réserves de trésorerie s’amenuisent. La réussite de ce processus dépendra de sa capacité à attirer un repreneur ou à lever des fonds, deux options désormais encadrées par la justice.

Le maintien des activités opérationnelles et la confiance des clients sont également en jeu. Goodfood emploie des centaines de personnes et dessert un marché en croissance, mais sa survie dépendra de la rapidité avec laquelle elle pourra conclure un accord. Une faillite entraînerait des pertes pour les investisseurs, les fournisseurs et les employés, tout en privant les consommateurs d’une offre alimentaire innovante.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs échéances et incertitudes pèsent sur l’issue du PSVI. D’abord, la finalisation des deux appels d’offres, dont les résultats pourraient être connus d’ici l’automne, comme l’a indiqué Goodfood. Ensuite, la capacité de l’entreprise à maintenir sa trésorerie à flot jusqu’à cette date, alors que ses liquidités ont chuté de près de 62 % en un an.

Enfin, l’impact sur les parties prenantes : les créanciers devront accepter les termes proposés par Goodfood, tandis que les clients et partenaires commerciaux attendront des garanties sur la continuité du service. Une sortie de crise réussie dépendra aussi de la stabilité de la direction, après le départ récent de plusieurs cadres clés.

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