À deux semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, les préparatifs à Goma s’essoufflent sous le poids d’une économie atone. Malgré la disponibilité des fournitures dans les commerces, les familles peinent à honorer les frais de scolarité, tandis que les commerçants tentent des baisses de prix pour relancer la demande.
Les faits essentiels
Les marchés et papeteries de Goma, dans la province du Nord-Kivu, affichent des stocks de fournitures scolaires (cartables, cahiers, uniformes) en prévision de la rentrée prévue le 1er septembre. Pourtant, les achats des parents restent rares, freinés par un pouvoir d’achat en chute libre. Plusieurs témoignages recueillis sur place confirment l’absence de préparatifs chez de nombreuses familles, faute de moyens financiers.
Face à cette inertie, certains commerçants ont réduit les prix de leurs articles, comme un cartable passé de 25 à 10 dollars. Malgré ces ajustements, les ventes restent faibles, reflétant une demande globale en berne. Le contexte économique local, marqué par un chômage élevé, aggrave la situation, rendant les frais scolaires inaccessibles pour une partie de la population.
Pourquoi c'est important
Cette situation illustre les conséquences directes de la crise économique sur l’accès à l’éducation dans une région déjà fragilisée. La rentrée scolaire, moment clé pour des millions d’enfants, pourrait être compromise si les familles ne parviennent pas à couvrir les coûts minimaux. L’éducation, pilier du développement, se heurte ici à des réalités socio-économiques urgentes.
Les baisses de prix opérées par les commerçants, bien que nécessaires, ne suffisent pas à relancer la dynamique d’achat. Elles révèlent en revanche une adaptation des acteurs économiques à la précarité ambiante, mais aussi les limites de ces mesures face à l’ampleur des besoins.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs scénarios restent possibles dans les prochains jours. D’une part, une aggravation de la situation si les familles ne parviennent pas à réunir les fonds nécessaires d’ici la rentrée. D’autre part, une légère amélioration si les commerçants maintiennent leurs réductions de prix ou si des initiatives locales (aides, distributions) voient le jour.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de cette crise sur la scolarisation des enfants. Les autorités locales et les acteurs sociaux pourraient être amenés à intervenir pour éviter un recul éducatif dans la région.