Dans un contexte marqué par une volatilité persistante sur les marchés internationaux, le distributeur pétrolier GOIL a surpris le secteur en maintenant ses tarifs inchangés pour la nouvelle fenêtre de tarification. Cette décision, qui maintient le litre d'essence à 15,43 GH¢ et celui de diesel à 17,26 GH¢, intervient alors que les analystes anticipaient une révision à la hausse des prix à la pompe.
Un décalage avec les projections sectorielles
La décision de GOIL contredit les prévisions émises par la Chambre des sociétés de commercialisation pétrolière (COMAC). Ces dernières tablaient sur une augmentation des prix, justifiée par la progression des cours du brut, qui ont grimpé de 1,75 % pour atteindre 92,11 dollars le baril. Parallèlement, les produits pétroliers raffinés ont enregistré des hausses significatives sur le marché international, avec une progression de 8,86 % pour l'essence et de 5,51 % pour le diesel.
L'impact contrasté de la monnaie nationale
Cette stabilité des prix chez le leader du marché survient malgré une appréciation notable du cedi ghanéen. La monnaie nationale a en effet gagné 3,64 % face au dollar, atteignant son niveau le plus fort depuis juin 2026. Si cette embellie monétaire aurait pu théoriquement alléger la facture des importations, elle n'a pas suffi à compenser la pression exercée par la hausse des prix des produits finis sur les marchés mondiaux, laissant planer un doute sur la pérennité de cette politique tarifaire.
Enjeux pour la concurrence et les transports
La stratégie de GOIL place les autres sociétés de commercialisation pétrolière (OMC) dans une position délicate alors qu'elles s'apprêtent à réviser leurs propres tarifs. Cette situation est scrutée avec attention par les syndicats de transporteurs, qui ont déjà averti que toute hausse significative des prix du carburant entraînerait mécaniquement une augmentation des tarifs de transport. Bien que les prix de GOIL demeurent supérieurs au plancher fixé par l'Autorité nationale du pétrole (NPA) — établi à 14,53 GH¢ pour l'essence et 15,60 GH¢ pour le diesel —, l'incertitude demeure quant à la capacité des autres acteurs à suivre cette politique de modération ou à répercuter les coûts internationaux sur le consommateur final.