Giorgia Meloni, première femme à diriger l’Italie, bat un record de longévité et prépare 2027

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 61 lectures
Giorgia Meloni, première femme à diriger l’Italie, bat un record de longévité et prépare 2027

Giorgia Meloni, Première ministre italienne, atteint un record historique de longévité au pouvoir avec 1 413 jours à la tête du gouvernement. Une stabilité qu’elle brandit comme un atout pour sa campagne en vue des législatives de 2027, mais qui suscite des débats sur son bilan économique et social.

Un record de longévité au service d’une stratégie électorale

Première femme à diriger l’Italie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Giorgia Meloni célèbre un record de longévité à Matignon : 1 413 jours de gouvernance ininterrompue. Son parti, Fratelli d’Italia (FDI), y voit la preuve d’une « stabilité » ayant redonné à l’Italie « crédibilité et autorité » sur la scène internationale. À Bari, dans les Pouilles, des milliers de sympathisants sont attendus pour marquer cet anniversaire, tandis que le gouvernement met en avant une brochure de 30 pages listant ses « succès » : plus d’un million d’emplois créés, un chômage réduit à 5,8 % en juillet, une baisse de 21 milliards d’euros d’impôts pour les particuliers et une chute de 80 % des arrivées d’immigrés illégaux.

Bilan économique : croissance atone et critiques sur l’absence de vision

Pourtant, les experts pointent du doigt l’absence de « vision politique économique à long terme ». Le PIB italien ne devrait progresser que de 0,6 % en 2026, selon les prévisions gouvernementales, un rythme jugé insuffisant par Veronica De Santis, professeure d’économie à l’université Luiss de Rome. Les critiques soulignent également l’absence d’amélioration tangible pour les ménages : salaires en stagnation, coût de l’essence en hausse, précarité accrue et système de santé en difficulté. Maurizio Landini, leader de la CGIL (syndicat de gauche), résume : « Le problème, ce n’est pas ce que dit le gouvernement, mais ce qu’il fait. »

Une majorité ultra-conservatrice axée sur la sécurité et l’immigration

Depuis 2022, la coalition au pouvoir – composée de FDI, de la Ligue de Matteo Salvini et de Forza Italia – a adopté près de 300 lois et décrets-lois, majoritairement centrés sur la sécurité. Ces textes visent aussi bien les immigrés, les passeurs ou les criminels mineurs que les manifestants bloquant des routes ou les participants à des rave parties. Une orientation qui correspond aux priorités de son électorat de droite, mais qui interroge sur la capacité du gouvernement à répondre aux défis structurels du pays.

Entre réalisme affiché et immobilisme dénoncé

Les médias italiens dressent un bilan contrasté. *La Repubblica*, de tendance gauche, reconnaît une stabilisation des comptes publics et une baisse du *spread* (écart des taux d’intérêt avec l’Allemagne) de 233 à moins de 80 points. En revanche, *La Stampa* et le *Corriere della Sera* soulignent le soutien indéfectible de Meloni à l’Ukraine, malgré les réticences de son vice-Premier ministre Matteo Salvini. Alessandra Sardoni, journaliste à La7, va plus loin : pour elle, le « réalisme » affiché par Meloni sert d’« alibi à l’immobilisme », la communication ayant souvent remplacé l’action politique. Flavia Perina, éditorialiste de *La Stampa*, résume l’enjeu : « Meloni devra expliquer comment elle compte utiliser ces derniers mois avant les élections d’avril 2027, une question qui intéresse beaucoup d’observateurs. »

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.