Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a choisi l’ironie pour répondre aux critiques croissantes à son égard lors d’un déplacement en République dominicaine, où la fronde contre sa gouvernance s’intensifie. Alors que plusieurs fédérations et confédérations réclament son départ, Infantino a préféré éluder les questions en se réfugiant dans des remarques décalées, révélant une stratégie de communication sous tension.
Un déplacement controversé en pleine crise institutionnelle
Invité en République dominicaine pour assister à un tournoi de jeunes, Gianni Infantino a été accueilli par des responsables politiques locaux, mais son séjour a rapidement été marqué par des tensions. Victor Montagliani, président de la Concacaf, avait explicitement demandé à ce que le dirigeant de la Fifa ne participe pas à l’événement, estimant que sa présence risquait de perturber la compétition. Malgré cette opposition, Infantino a maintenu son déplacement, bien que la Fédération locale de football ait finalement pris position contre lui, aux côtés de la Concacaf et de l’UEFA.
L’ironie comme bouclier face aux accusations
Lors d’un échange avec un journaliste de Sky Sports, Infantino a été interrogé sur les allégations de trahison envers le football, notamment après l’échec du projet de vente de la Coupe du monde. Sa réponse ? Une remarque sur la coupe de cheveux du journaliste, suivie d’une invitation à le retrouver « chez le coiffeur ». Cette stratégie de diversion, bien que perçue comme une fuite, illustre la difficulté du président de la Fifa à affronter directement les critiques, alors que sa légitimité est de plus en plus contestée.
Une coalition internationale contre Infantino
La pression sur Gianni Infantino ne vient pas seulement des médias ou des supporters, mais aussi des instances dirigeantes du football mondial. L’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique ont signé une déclaration conjointe s’opposant à sa gouvernance, tandis que plusieurs fédérations nationales ont exigé son départ. Pourtant, Infantino reste en lice pour un nouveau mandat, avec une élection prévue le 18 mars prochain. Cette situation place la Fifa dans une impasse : comment concilier les exigences de transparence et de réforme avec la volonté de stabilité affichée par son président ?
L’élection de mars, un test pour la crédibilité de la Fifa
Alors que la fronde s’amplifie, l’élection présidentielle de la Fifa prévue en mars prochain s’annonce comme un moment décisif. Les fédérations opposées à Infantino pourraient tenter de faire basculer le vote en leur faveur, mais le dirigeant italo-suisse, toujours en campagne, mise sur sa capacité à mobiliser ses soutiens. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement celle de la gouvernance de la Fifa, mais aussi celle de l’avenir même du football mondial, entre réformes nécessaires et préservation d’une unité fragile.