Condamnée à verser 30 millions de dirhams (2,79 millions d’euros) à Bank of Africa, Ghita Bennis tente une ultime négociation pour sauver La Gazelle d’or, joyau de l’hôtellerie marocaine autrefois fréquenté par des célébrités internationales.
Une dette qui menace l’avenir d’un symbole du luxe marocain
Le tribunal marocain a rendu son verdict en 2024 : Ghita Bennis, propriétaire de La Gazelle d’or, doit rembourser une somme colossale à Bank of Africa. Ce montant, équivalent à près de 2,8 millions d’euros, représente un risque majeur pour la pérennité de l’établissement, classé parmi les plus emblématiques du pays. Autrefois lieu de villégiature des Chirac, Lagardère, Dassault ou encore Catherine Deneuve, l’hôtel incarne aujourd’hui une bataille financière aux conséquences patrimoniales.
Une stratégie de négociation directe face à la banque d’Othman Benjelloun
Plutôt que de s’engager dans une procédure d’exécution forcée, Ghita Bennis privilégie une approche diplomatique. Elle cherche à négocier directement avec Bank of Africa, dirigée par Othman Benjelloun, pour trouver un accord à l’amiable. Cette tactique pourrait permettre d’éviter une liquidation judiciaire, synonyme de perte pour l’économie locale et le secteur touristique. Les discussions, encore confidentielles, pourraient aboutir à un étalement de la dette ou à une restructuration financière.
La Gazelle d’or, entre héritage et défis économiques
Fondé dans les années 1980, l’hôtel La Gazelle d’or a marqué l’histoire du tourisme marocain par son luxe et son cadre exceptionnel à Taroudant. Son déclin récent reflète les difficultés d’un secteur hôtelier confronté à la concurrence internationale et aux aléas économiques. La survie de l’établissement dépend désormais de la capacité de sa propriétaire à convaincre Bank of Africa de lui accorder une marge de manœuvre. Une issue favorable pourrait relancer un symbole du patrimoine touristique marocain, tandis qu’un échec aggraverait la crise du secteur.
Un enjeu bien au-delà d’une simple dette
Cette affaire dépasse le cadre d’un litige financier. Elle interroge la viabilité des hôtels historiques face aux géants du tourisme moderne et la capacité des acteurs locaux à préserver leur héritage. Si Ghita Bennis parvient à sauver La Gazelle d’or, ce serait une victoire pour le tourisme marocain, mais aussi un signal fort pour les autres établissements confrontés à des défis similaires. À suivre, l’évolution des négociations et leur impact sur l’économie régionale.