Le directeur général de Ghana Water Limited (GWL), Adam Mutawakilu, a indiqué devant le Comité des comptes publics que l’entreprise ne mobilise aujourd’hui que moins de la moitié du revenu qu’elle pourrait théoriquement générer, ce qui menace sa viabilité financière et son autonomie vis‑à‑vis de l’État.
Collecte de revenus loin de l’objectif fixé
Selon Mutawakilu, la société perçoit actuellement moins de 50 % du chiffre d’affaires attendu. Cette sous‑performance est au cœur des priorités de la direction, qui travaille « round the clock » pour améliorer les procédures de facturation et de recouvrement. L’enjeu principal est de rendre Ghana Water financièrement durable, afin de réduire la dépendance aux subventions gouvernementales.
Remplacement des compteurs commerciaux et découverte d’importantes lacunes
Dans le cadre de la stratégie d’amélioration, GWL a entrepris le remplacement des compteurs commerciaux. Cette opération a mis en lumière un problème de données : sur chaque centaine de compteurs estimés, 62 ne figurent pas dans la base de données de l’entreprise. Un tel écart indique des failles dans le suivi des clients et dans la facturation, ce qui contribue à la perte de revenus. Mutawakilu a qualifié ce constat d’« inquiétant », soulignant la nécessité de renforcer les systèmes d’enregistrement et de contrôle.
Objectif d’autosuffisance financière d’ici 2027
Le directeur général a exprimé son optimisme quant à la capacité de Ghana Water à atteindre l’autosuffisance d’ici l’année prochaine, avec l’ambition de ne plus dépendre du financement public pour ses projets. Il prévoit que, d’ici 2027, la société disposera d’un bilan solide, capable de soutenir ses investissements sans recours systématique aux fonds de l’État.
Appel à la conversion des prêts historiques en capital
Malgré les mesures internes, Mutawakilu a rappelé que le soutien gouvernemental reste indispensable pour traiter les dettes héritées. Il a demandé la conversion des prêts anciens, déjà largement remboursés, en capitaux propres. Cette transformation, selon lui, améliorerait la structure financière de GWL, renforcerait sa capacité à attirer des investisseurs privés et atténuerait les pertes liées aux fluctuations du taux de change sur les remboursements de prêts.