Ghana : Vers un partage des pertes de 1,7 milliard de dollars liées à l'achat d'or ?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
Ghana : Vers un partage des pertes de 1,7 milliard de dollars liées à l'achat d'or ?

Le programme national d'achat d'or du Ghana (DGPP) fait face à des ajustements financiers majeurs après la révélation de pertes colossales par le Fonds monétaire international (FMI). Pour atténuer l'impact sur les comptes publics, l'économiste Dr Adu Owusu Sarkodie préconise une répartition équitable de ces charges entre la banque centrale et l'organisme de gestion de l'or. Cette proposition vise à clarifier les responsabilités financières d'un programme stratégique pour l'économie ghanéenne.

Les faits essentiels

Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en août 2026, le programme national d'achat d'or du Ghana (DGPP), exécuté par le Ghana Gold Board (GoldBod), a enregistré des pertes supérieures à 1,7 milliard de dollars américains au cours de l'année 2025. Ce montant colossal représente environ 1,5 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays. Face à cette situation, le Dr Adu Owusu Sarkodie, enseignant-chercheur senior au département d'économie de l'Université du Ghana, a publiquement suggéré que ces coûts financiers soient partagés entre le GoldBod et la Banque du Ghana (BoG).

L'universitaire explique que le fonctionnement actuel du programme implique les deux institutions : la banque centrale assure le préfinancement des opérations, tandis que le GoldBod se charge de l'achat et de la centralisation du métal précieux. Par la suite, la Banque du Ghana réalise des transactions impliquant cet or et des devises étrangères. En raison de ce mécanisme, l'intégralité des pertes apparaît actuellement dans les livres comptables de la banque centrale, une situation que l'économiste juge nécessaire de réformer.

Pourquoi c'est important

L'enjeu réside dans la nature même de ces pertes et dans la transparence de la gestion des ressources publiques. Le Dr Sarkodie précise que la somme de 1,7 milliard de dollars ne doit pas être interprétée comme une perte commerciale classique. Le FMI qualifie en effet ce déficit de perte de réévaluation, découlant directement des fluctuations de la valeur de l'or et des écarts de taux de change lors des transactions de la banque centrale.

Attribuer l'ensemble de ces pertes à une seule entité fausse la perception de la santé financière des institutions concernées. Selon l'analyse de l'économiste, une répartition basée sur l'origine des pertes permettrait de responsabiliser chaque acteur. Ainsi, le GoldBod assumerait les pertes directes liées à ses opérations d'achat, tandis que la Banque du Ghana prendrait à sa charge les pertes résultant des différentiels de change lors des transactions ultérieures.

Ce qu'il faut surveiller

Il conviendra de suivre la réaction officielle de la Banque du Ghana et du GoldBod face à cette proposition de partage des coûts. L'adoption d'une telle comptabilité analytique partagée pourrait modifier la présentation des futurs rapports financiers de la banque centrale et influencer la perception de la gouvernance économique du pays par les partenaires internationaux, notamment le FMI.

De plus, l'évolution des cours mondiaux de l'or et la stabilité du taux de change du cedi ghanéen seront des facteurs déterminants pour l'avenir du programme. Ces variables économiques influenceront directement l'ampleur des futures pertes ou gains de réévaluation, rendant cruciale la mise en place d'un mécanisme clair de répartition des risques financiers entre les deux institutions publiques.

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