Ghana : un militaire écroué pour le meurtre par balle d'un civil à Afienya

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 21 lectures
Ghana : un militaire écroué pour le meurtre par balle d'un civil à Afienya

Un adjudant de l'armée ghanéenne, Dzisenu Ben, a été placé en détention provisoire par le tribunal de district d'Ashaiman pour le meurtre présumé d'un civil de 45 ans, Abdul Shaban. L'incident, survenu sur une propriété foncière à Mawugbedzibe, près d'Afienya, soulève de graves questions après que les conclusions de l'autopsie ont apporté des précisions sur les circonstances du tir. Cette affaire met en lumière les protocoles d'usage de la force par les militaires hors service et la rigueur des procédures judiciaires face aux forces armées.

Les faits essentiels

Le 23 août 2025, l'adjudant de classe II Dzisenu Ben et l'adjudant de classe I Yamoah Mark, tous deux affectés au dépôt de munitions de base du Michel Camp, se sont présentés au poste de police d'Afienya. Ils ont déclaré qu'un individu non identifié avait agressé Dzisenu Ben sur leur propriété privée dans le but de s'emparer de son fusil d'assaut M16. Selon leur version initiale, cette tentative d'agression a contraint le militaire à faire usage de son arme. Sur les lieux, les forces de l'ordre ont découvert le corps sans vie d'Abdul Shaban, présentant une blessure par balle au niveau de la poitrine.

L'enquête policière a rapidement progressé avec la saisie du fusil M16, de son chargeur et des munitions. L'autopsie pratiquée par le Dr Eric Dumfeh à l'hôpital général de Tema a révélé que la victime est décédée d'une blessure par balle perforante au cœur. Les analyses balistiques et médico-légales indiquent que le tir a été effectué à bout portant, selon un angle suggérant que le tireur se trouvait dans une position surélevée par rapport à la victime. Après consultation et avis du procureur général, la police a formellement inculpé Dzisenu Ben pour meurtre, conformément à la loi sur les infractions pénales de 1960.

Pourquoi c'est important

Cette affaire revêt une importance particulière car elle implique un membre actif des forces armées ghanéennes accusé du meurtre d'un civil avec une arme de service, un fusil M16, en dehors d'un cadre opérationnel officiel. Les conclusions du rapport du pathologiste introduisent une divergence potentielle avec la thèse de la légitime défense initialement avancée par l'accusé. En démontrant que le tir a été effectué à bout portant et depuis une position surélevée, les éléments scientifiques apportent un éclairage crucial qui pourrait contredire la version d'une lutte désordonnée pour le contrôle de l'arme. De plus, l'implication directe du bureau du procureur général pour orienter les poursuites démontre la volonté des autorités judiciaires de traiter ce dossier avec une rigueur absolue, garantissant que l'uniforme ne confère aucune immunité face à la loi.

Ce qu'il faut surveiller

La suite de la procédure judiciaire sera déterminante pour établir la vérité matérielle des faits, l'accusé restant présumé innocent à ce stade. Le tribunal de district d'Ashaiman, présidé par le juge Derick Parden Eshun, a ordonné le maintien en détention provisoire de Dzisenu Ben. Les regards se tournent désormais vers la prochaine audience fixée au 27 août 2026, une échéance durant laquelle l'accusé devra formellement enregistrer son plaidoyer. Il conviendra également de suivre les résultats définitifs des examens balistiques menés par le laboratoire médico-légal de la police sur la balle extraite du corps de la victime, ainsi que le rôle exact joué par le second militaire présent sur les lieux, WOI Yamoah Mark, dont le témoignage écrit a été consigné par les enquêteurs.

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