Une enquête journalistique a mis en lumière un écart majeur entre les dépenses réelles de fumigation contre le COVID‑19 et les chiffres présentés par l’Auditeur‑général du Ghana, déclenchant un débat sur la fiabilité des contrôles financiers nationaux.
Disparité chiffrée entre les dépenses réelles et l’audit officiel
Le journaliste d’investigation Manasseh Azure Awuni a estimé que le gouvernement ghanéen a engagé au moins GH₵720 million pour la fumigation des espaces publics afin de lutter contre la propagation du coronavirus. En comparaison, le « special audit » mené par l’Auditeur‑général n’a recensé que GH₵96 million. Cette différence dépasse largement les 5‑10 % habituellement tolérés dans les audits, soulevant la question de ce qui pourrait encore être omis dans les rapports officiels.
Edem Senanu alerte sur la crédibilité de la surveillance financière
Edem Senanu, vice‑président du Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption, a commenté ces résultats lors de l’émission The Pulse de JoyNews le 15 septembre. Il a souligné que l’ampleur de l’écart – plus de six fois le montant déclaré – « devrait nous faire douter de ce que d’autres dépenses publiques ne soient pas correctement capturées ». Selon lui, cette incertitude menace la confiance du public dans les mécanismes de suivi budgétaire et dans la capacité de l’État à détecter la corruption.
Conséquences pour la gouvernance et le développement du pays
Le débat s’inscrit dans un contexte où le Ghana fait face à d’importants défis de développement, notamment dans les secteurs de l’infrastructure, de la santé et de l’éducation. Senanu a rappelé que les sommes en jeu représentent des ressources publiques précieuses, dont la mauvaise allocation pourrait freiner les progrès économiques et sociaux. « Si nous ne comprenons pas collectivement l’ampleur de ces pertes, le développement que nous pourrions atteindre sera compromis », a‑t‑il déclaré.
Les autorités n’ont pas encore fourni de réponse officielle à ces allégations. Le débat pourrait toutefois inciter le Parlement et les institutions de contrôle à renforcer les procédures d’audit, à élargir la portée des vérifications et à garantir une plus grande transparence des dépenses d’urgence, afin de restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs.