Le leader de la minorité parlementaire au Ghana, Alexander Afenyo-Markin, a publiquement accusé le nouveau Chief Justice, Paul Baffoe-Bonnie, d'avoir orchestré un complot pour évincer sa prédécesseure, Gertrude Torkornoo. Cette déclaration relance une vive controverse politique entre l'opposition et le pouvoir autour de l'indépendance de la justice ghanéenne. L'affaire met en lumière les tensions profondes qui traversent les institutions judiciaires et politiques du pays.
Les faits essentiels
En septembre 2025, la Chief Justice Gertrude Torkornoo a été démise de ses fonctions en vertu de l'article 146 de la Constitution de 1992, à la suite de pétitions pour faute professionnelle. Une commission d'enquête, présidée par le juge de la Cour suprême Gabriel Scott Pwamang, a mené la procédure ayant conduit à sa destitution. Par la suite, en novembre 2025, le juge Paul Baffoe-Bonnie a été auditionné, approuvé par le Parlement malgré l'opposition de la minorité, et installé dans ses fonctions de Chief Justice.
S'exprimant sur la chaîne Atinka TV, le leader de la minorité, Alexander Afenyo-Markin, a qualifié cette destitution de « parodie de justice ». Le député d'Effutu soutient que Paul Baffoe-Bonnie et d'autres juges de la Cour suprême ont activement conspiré contre Gertrude Torkornoo dans le but de permettre à Baffoe-Bonnie d'accéder à la présidence de la haute juridiction. Afenyo-Markin a également contesté la régularité de la procédure menée par la commission d'enquête, pointant du doigt la gestion des multiples pétitions visant l'ancienne Chief Justice.
Pourquoi c'est important
Cette affaire cristallise un affrontement politique majeur entre le Nouveau Parti Patriotique (NPP), actuellement dans l'opposition, et le Congrès Démocratique National (NDC), au pouvoir. Le NPP accuse ouvertement le gouvernement du NDC d'instrumentaliser les procédures constitutionnelles pour affaiblir l'indépendance du pouvoir judiciaire. De son côté, le gouvernement défend la légitimité et la constitutionnalité du processus ayant mené à la destitution de Gertrude Torkornoo.
L'enjeu dépasse la simple querelle de personnes : il touche à la crédibilité même de la Cour suprême du Ghana. Les accusations portées par un haut responsable parlementaire suggèrent l'existence de luttes de pouvoir internes et de factions au sein de la plus haute instance judiciaire du pays, ce qui pourrait fragiliser la confiance des citoyens envers l'institution.
Ce qu'il faut surveiller
L'évolution de cette crise politique et judiciaire dépendra de plusieurs facteurs clés. Tout d'abord, l'opposition, par la voix d'Alexander Afenyo-Markin, maintient sa pression pour obtenir la réintégration de Gertrude Torkornoo, une revendication qui reste un point de discorde majeur entre le NPP et le NDC. Il conviendra de suivre si cette demande débouchera sur des actions parlementaires ou judiciaires concrètes.
Ensuite, les déclarations du leader de la minorité laissent présager de futures révélations, celui-ci ayant affirmé que les circonstances exactes de cette destitution finiraient par être pleinement dévoilées au public. Enfin, l'attitude de la Cour suprême et du nouveau Chief Justice Paul Baffoe-Bonnie face à ces graves accusations de complot interne sera déterminante pour l'avenir de l'institution.