Le tribunal ghanéen accorde aux anciens dirigeants du Fonds d'investissement public (GIIF) un nouveau délai jusqu’en septembre 2026 pour préparer leur défense dans l’affaire Sky Train, un projet ferroviaire abandonné ayant entraîné la perte présumée de 2 millions de dollars pour l’État.
Un troisième report pour Asamoah et Ameyaw-Akumfi
Solomon Asamoah, ex-PDG du GIIF, et le professeur Christopher Ameyaw-Akumfi, ancien président du conseil d’administration, bénéficient désormais d’un troisième report pour déposer leurs défenses. La justice ghanéenne a rejeté leur argument selon lequel les preuves de l’accusation étaient insuffisantes pour justifier l’ouverture d’un procès. Malgré leurs contestations, le tribunal a maintenu sa décision, prolongeant ainsi une procédure déjà marquée par des retards.
2 millions de dollars envolés dans un projet fantôme
L’affaire concerne un paiement de 2 millions de dollars effectué en 2019 par le GIIF pour une participation au capital de la société derrière le projet Sky Train, un système ferroviaire suspendu avant même son lancement. Le parquet accuse les deux hommes d’avoir autorisé ce versement sans l’aval du conseil d’administration, entraînant la dissipation de fonds publics. Le projet, jamais concrétisé, aurait dû relier des zones stratégiques du pays, mais son échec a laissé l’État avec une perte financière significative.
Une bataille judiciaire en deux fronts
Alors que le procès se poursuit, les avocats d’Asamoah ont déposé une demande d’injonction interlocutoire pour suspendre les procédures en première instance. Cette requête, prévue pour être examinée par la Cour suprême le 27 août, vise à bloquer le procès en attendant une décision sur une autre demande : l’annulation de la décision du tribunal ayant rejeté leur argument de « *no case to answer* ». Une stratégie juridique qui pourrait encore retarder une issue définitive.
L’État déterminé à récupérer les fonds
Le ministère public, représenté par le vice-procureur général et ministre de la Justice, Dr Justice Srem-Sai, a confirmé dans une publication Facebook que le tribunal avait accordé ce nouveau délai. Cette affaire illustre les tensions entre la volonté de l’État de sanctionner les responsables présumés de détournements de fonds et les stratégies dilatoires des accusés, qui multiplient les recours pour prolonger la procédure. Le dénouement reste incertain, mais l’enjeu financier et symbolique reste majeur pour le Ghana.