Le ministre ghanéen de l'Intérieur, Mubarak Mohammed Muntaka, a annoncé que 84 personnes sont actuellement détenues pour des infractions liées aux stupéfiants, tandis que près de 73 actifs suspectés d’appartenir à des trafiquants ont été gelés. Cette opération s’inscrit dans une réforme plus large visant à donner à la NACOC des pouvoirs de poursuite directe et à accélérer la récupération des biens liés au crime.
Arrestations et détentions liées au trafic de stupéfiants
Lors d’une interview sur la matinale de Joy FM, le ministre a précisé que les 84 détenus font face à des chefs d’accusation variés, du simple usage à la grande distribution de drogues. Les personnes libérées sous caution n’ont pas été comptabilisées dans ce chiffre. Cette vague d’arrestations reflète une intensification des opérations de la police antidrogue, soutenue par les récentes directives du gouvernement.
Gel de près de 73 actifs suspects
Parallèlement aux arrestations, les autorités ont immobilisé presque 73 biens – comptes bancaires, véhicules et autres propriétés – que l’on soupçonne d’être le produit du trafic. Le gel reste provisoire, en attente de décisions judiciaires. Le ministre n’a pas communiqué la valeur totale de ces actifs, mais a souligné que leur saisie précoce facilite leur éventuelle confiscation après condamnation.
Nouvelles prérogatives de la NACOC et réforme de la poursuite
Le ministre a remercié le juge en chef Paul Baffoe‑Bonnie et le secrétaire judiciaire pour avoir intégré les responsables de la lutte antidrogue aux sessions d’orientation des nouveaux juges. Cette démarche a conduit à la création de tribunaux spécialisés pour les affaires de stupéfiants. De plus, l’avocat général, le Dr Dominic Akuritinga Ayine, a octroyé à la Commission de contrôle des stupéfiants (NACOC) le pouvoir de porter directement les dossiers devant les tribunaux, permettant à des officiers formés de mener les poursuites sans passer par le ministère public.
Impact sur la récupération d’actifs et la justice
Cette nouvelle approche vise à identifier les biens des suspects dès l’arrestation, évitant ainsi que les actifs ne soient dilapidés avant la fin du procès. Une fois la condamnation prononcée, les biens peuvent être transférés à l’État et, le cas échéant, mis aux enchères. Le ministre a indiqué que ce changement de stratégie devrait renforcer la capacité du Ghana à récupérer les profits du crime et à dissuader les réseaux de trafic.