Ghana : pourquoi l'intégration de la Commission des pêches est cruciale pour le démantèlement des infrastructures pétrolières

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 16 lectures
Ghana : pourquoi l'intégration de la Commission des pêches est cruciale pour le démantèlement des infrastructures pétrolières

Le démantèlement de la plateforme pétrolière de Saltpond, première opération du genre au Ghana, a révélé des failles majeures dans la gestion environnementale du secteur. Alors que le pays s'apprête à engager des opérations bien plus complexes sur les champs de Jubilee, TEN et Sankofa, l'exclusion de la Commission des pêches apparaît comme une erreur stratégique coûteuse.

Le coût exorbitant d'une vision purement technique

Le projet de Saltpond, bien que conforme aux autorisations du secteur pétrolier, a illustré les limites d'une approche exclusivement centrée sur l'ingénierie. Faute d'évaluation biologique préalable, les travaux ont engendré des coûts imprévus, faisant grimper la facture à près de 200 millions de dollars pour un champ ayant rapporté 10 millions en 55 ans. L'absence de concertation avec les communautés locales et l'ignorance des écosystèmes marins ont transformé ce qui devait être un succès environnemental en une dégradation biologique, laissant des sédiments contaminés et des puits non sécurisés.

Des enjeux colossaux pour l'avenir

Le défi à venir est d'une tout autre ampleur. Le démantèlement du champ Jubilee, prévu pour 2036, concerne des infrastructures situées à 1 200 mètres de profondeur, à proximité immédiate des zones de reproduction des espèces pélagiques essentielles à la sécurité alimentaire du pays. Avec 704 millions de dollars déjà provisionnés, le Ghana doit impérativement éviter de répéter les erreurs passées. La question n'est plus seulement de retirer de l'acier, mais de décider si certaines structures ne devraient pas être converties en récifs artificiels pour favoriser la biodiversité marine.

Vers une gouvernance intégrée

Pour sécuriser ces opérations, une réforme réglementaire simple est préconisée : conditionner l'approbation de tout plan de démantèlement à une évaluation d'impact validée par la Commission des pêches. Cette institution est la seule à détenir les données nécessaires pour établir des certificats de restauration biologique, garantissant que les eaux restent conformes aux normes d'exportation vers l'Union européenne. Un tel mécanisme permettrait de protéger le marché des exportations halieutiques, estimé à 425 millions de dollars, tout en assurant une transition écologique transparente.

La concertation comme levier de sécurité

L'implication des chefs de pêche et des communautés locales est un autre pilier indispensable. En intégrant ces acteurs dès la phase de planification, le gouvernement peut prévenir les conflits d'usage, sécuriser les équipements contre les risques de piraterie et garantir une surveillance efficace des zones d'exclusion. L'expertise de la Commission des pêches, couplée à une collaboration avec les universités locales, permettrait de transformer une contrainte réglementaire en une opportunité de valorisation des ressources marines, alliant ainsi rentabilité économique et préservation des écosystèmes.

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