Ghana : placer les communautés côtières au cœur de la protection des tortues marines

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 36 lectures
Ghana : placer les communautés côtières au cœur de la protection des tortues marines

La survie des tortues marines au Ghana se joue en grande partie sur le littoral, là où nichent les espèces, opèrent les pêcheurs et se concentrent les aménagements côtiers. Lors de la 5ᵉ Conférence nationale sur les tortues marines (GNSTC 2026) organisée à Accra le 4 septembre, le Dr Andrews Agyekumhene, directeur exécutif de la Wildlife and Human Resources Organisation (WHRO) Ghana et maître de conférences à l'Université du Ghana, a exhorté les acteurs de la conservation à redéfinir leur relation avec les populations locales.

« Avec les communautés, pas pour elles »

Le Dr Agyekumhene a défendu une approche qualifiée de « conservation avec les communautés », qui rompt avec la logique d'un programme conçu pour elles sans leur participation. Selon lui, les riverains doivent être reconnus comme « partenaires, gardiens et acteurs actifs » de la protection des tortues marines, et non comme de simples bénéficiaires d'actions extérieures ou un public à éduquer.

Cette implication doit, a-t-il précisé, s'étendre à la planification, à la prise de décision et au suivi des initiatives. Le chercheur a insisté sur un point opérationnel : autonomiser les communautés dans le monitoring permet de prolonger les efforts de conservation au-delà de la durée de vie des projets et de leurs financements.

Urbanisation, pollution lumineuse et climat

Le directeur de WHRO Ghana a identifié plusieurs pressions qui pèsent sur les tortues marines dans le pays : le développement côtier, la pollution lumineuse, les activités humaines et le changement climatique. Ces facteurs agissent directement sur les zones de nidification et les habitats, ce qui rend, selon lui, indispensable une collaboration renforcée entre scientifiques, praticiens de la conservation et communautés locales.

Il a également appelé à mieux articuler savoirs locaux et connaissances scientifiques, à investir dans les jeunes et à davantage mobiliser les bénévoles, afin de construire des partenariats capables de durer.

Une conférence ancrée dans la durée

Lancée en 2018, la Conférence nationale ghanéenne sur les tortues marines sert de plateforme de rencontre entre chercheurs, organisations de conservation, institutions publiques, communautés côtières, étudiants et volontaires. L'édition 2026, organisée par WHRO Ghana avec le Département des sciences marines et halieutiques de l'Université du Ghana, avait pour thème « Sea Turtle Conservation in Ghana : Strengthening Community Stewardship for Lasting Impact ».

Au-delà des échanges techniques, l'enjeu est désormais structurel : faire des riverains des co-gestionnaires de la biodiversité marine, à un moment où les pressions climatiques et urbaines sur le littoral ouest-africain s'intensifient. La portée réelle de cette orientation dépendra, comme l'a souligné le Dr Agyekumhene, de la capacité des institutions à transformer l'appel à partenariat en mécanismes concrets de gouvernance partagée.

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