Le Ghana pourrait quadrupler sa production pétrolière d’ici cinq ans grâce à de nouveaux accords avec Shell et Chevron, selon un expert de Deloitte. Une opportunité historique pour industrialiser le pays et créer des emplois massifs, à condition de former une main-d’œuvre locale qualifiée.
Des partenariats stratégiques pour relancer le secteur
Le Ghana a signé un mémorandum d’entente (MoU) avec Shell Holdings Limited, Chevron Sub-Saharan Africa Ventures Ltd. et GNPC Exploration and Production Limited pour développer les droits d’exploration et de production du bloc South Deepwater Tano Cape Three Points. Cette initiative, annoncée lors de l’Africa Oil Week Energy Conference à Accra, marque une expansion significative de l’empreinte pétrolière du pays.
Selon Joe Eshun, Senior Partner chez Deloitte Africa, ces accords pourraient permettre au Ghana de devenir un acteur majeur du secteur en Afrique d’ici quatre à cinq ans. « Nous pourrions quadrupler notre production de pétrole et de gaz », a-t-il déclaré, soulignant que cette croissance dépendra de l’accès à une énergie locale et de partenariats entre acteurs nationaux et internationaux.
L’industrialisation comme levier de développement
Pour Eshun, ces investissements ne se limitent pas à l’extraction : ils doivent servir de catalyseur à une industrialisation plus large. « Le pays aura besoin d’assez d’énergie pour alimenter ses besoins industriels », a-t-il insisté. L’objectif est clair : transformer la ressource naturelle en prospérité durable et en emplois dignes pour les jeunes.
Le secteur pétrolier pourrait ainsi générer jusqu’à quatre fois plus d’emplois qu’actuellement, une priorité pour le pays où le chômage des jeunes reste un défi majeur. « La dignité de notre peuple passe par des emplois de qualité », a-t-il ajouté.
Former une main-d’œuvre locale pour éviter les dépendances
Eshun met en garde : ces opportunités ne seront pleinement exploitées que si le Ghana investit dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. Les partenariats entre entreprises et universités sont essentiels pour adapter les programmes éducatifs aux besoins réels du marché.
« Les acteurs du secteur doivent partager leurs connaissances avec les institutions académiques pour créer des cursus pratiques », a-t-il plaidé. Sans cette synergie, le pays risque de dépendre de compétences étrangères, limitant l’impact local des investissements.
Un pari sur l’avenir énergétique du Ghana
Ces nouveaux accords s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à sécuriser l’indépendance énergétique du Ghana. En misant sur des partenariats innovants et une industrialisation ciblée, le pays pourrait non seulement réduire sa dépendance aux importations, mais aussi positionner son secteur énergétique comme un moteur de croissance économique.
Le défi des cinq prochaines années sera donc double : exploiter pleinement le potentiel pétrolier tout en bâtissant une économie résiliente, où l’énergie et l’emploi sont les piliers d’un développement inclusif.