Le ministre désigné ghanéen en charge des Collectivités locales, de la Chefferie et des Affaires religieuses, Mahama Ayariga, a qualifié l'idée de la cathédrale nationale de « merveilleuse » tout en dénonçant une exécution défaillante du projet. Devant le Comité des nominations du Parlement, le député de Bawku Central a estimé que rien n'empêchait l'État d'offrir un lieu national de culte à la communauté chrétienne, dans un pays constitutionnellement laïque mais profondément religieux.
Un projet contesté dans sa forme, pas dans son principe
M. Ayariga a clairement séparé la légitimité du projet de ses modalités de mise en œuvre. « L'idée n'a rien de problématique, mais c'était une bonne idée mal exécutée », a-t-il déclaré devant les parlementaires, jeudi 27 août. Le ministre désigné a également exprimé des réserves sur le site initialement retenu pour la construction, sans préciser les raisons de ses doutes.
Une consultation promise avec la communauté chrétienne
Si sa nomination est confirmée, Mahama Ayariga s'est engagé à consulter les responsables de la communauté chrétienne pour savoir s'ils souhaitent toujours voir le projet aboutir. « S'ils veulent toujours l'avoir, je m'entretiendrai avec le Président et, si telle est sa volonté, je mobiliserai des fonds pour sa construction », a-t-il assuré au Comité. Cette déclaration ouvre la voie à une possible relance ou à un abandon définitif du chantier, selon les conclusions de cette future concertation.
Un sujet sensible au cœur du débat public ghanéen
La cathédrale nationale, portée sous l'administration de l'ancien président Nana Akufo-Addo, fait l'objet de critiques récurrentes au Ghana, notamment sur l'utilisation de fonds publics pour un édifice religieux dans un État laïque. La prise de position de M. Ayariga, figure du nouveau gouvernement formé après l'élection du président John Dramani Mahama, suggère une volonté de revoir les conditions du projet plutôt que de le supprimer d'office. La manière dont la future consultation sera menée et la position finale du gouvernement seront des indicateurs clés de la politique religieuse de l'exécutif ghanéen.