Ghana : l’opposition dénonce la justice sélective et les représailles politiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Ghana : l’opposition dénonce la justice sélective et les représailles politiques

Le chef de l’opposition au Parlement ghanéen dénonce une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, tandis que les tensions entre majorité et minorité s’intensifient autour de la gouvernance et des libertés individuelles.

Un système judiciaire accusé de partialité

Alexander Afenyo-Markin, leader de la minorité parlementaire, a réaffirmé son opposition à toute forme de justice sélective, dénonçant des enquêtes ciblées contre des députés après leurs prises de parole à l’Assemblée. Selon lui, des parlementaires seraient systématiquement convoqués par des agences d’investigation pour des interventions jugées critiques envers le pouvoir, illustrant une application inégale de la loi. Cette situation, qualifiée de « vous me faites, je vous fais », alimente un climat de défiance où les représailles politiques menacent la stabilité démocratique.

Les critiques ne se limitent pas à la majorité actuelle. Des membres du parti au pouvoir, comme l’ancien leader de l’opposition Haruna Iddrisu et le ministre de l’Intérieur Muntaka Mohammed-Mubarak, ont également pointé du doigt les conditions de détention des suspects, jugées contraires aux principes légaux. Ces tensions révèlent une polarisation croissante, où la lutte contre la corruption et l’impunité se heurte à des accusations de manipulation institutionnelle.

Démocratie en péril : entre développement et radicalisation

Afenyo-Markin a insisté sur la nécessité de rompre avec les cycles de vengeance politique, soulignant que l’attention des dirigeants devrait se porter sur les défis structurels du pays. Il a cité l’exemple des régions reculées, marquées par un sous-développement persistant, comme priorité absolue. Pourtant, la persistance des conflits partisans risque d’affaiblir les modérés au sein du parti majoritaire, rendant plus difficile la modération des franges radicales lors des alternances politiques.

La manifestation organisée sous le thème « La démocratie en danger » a été présentée comme un appel à la justice et au respect des principes démocratiques, et non comme une attaque contre l’État. L’opposition réclame une application uniforme de la loi, condition sine qua non pour restaurer la confiance dans les institutions et éviter une radicalisation des pratiques politiques. Le débat dépasse ainsi le cadre partisan pour interroger l’avenir même de la gouvernance au Ghana.

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