Ghana : l’informel dans le viseur pour booster les recettes fiscales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 37 lectures
Ghana : l’informel dans le viseur pour booster les recettes fiscales

Le secteur informel, un gisement fiscal sous-exploité au Ghana, pourrait devenir un levier clé pour financer le développement national, selon le roi Ashanti. Otumfuo Osei Tutu II a interpellé l’autorité fiscale sur la nécessité d’intégrer davantage les acteurs de l’informel dans le système fiscal, tout en appelant à réduire les fuites de revenus pour renforcer l’autonomie financière du pays.

Un appel à élargir l’assiette fiscale

Le monarque a souligné que la collecte des impôts au Ghana se concentre traditionnellement sur les salariés et les entreprises du secteur formel, laissant de côté une part majeure de l’activité économique. Pour y remédier, il a proposé d’encourager la formation de coopératives parmi les groupes comme les coiffeurs, mécaniciens ou chauffeurs, afin de faciliter leur identification et leur intégration dans le système fiscal. Cette approche vise à élargir la base imposable et à réduire la dépendance aux financements extérieurs, jugée insuffisante pour financer durablement les projets de développement.

Otumfuo Osei Tutu II a également insisté sur la nécessité de combiner innovation et renforcement des mécanismes existants pour limiter les pertes de recettes. Bien qu’il ait salué les progrès réalisés par l’autorité fiscale sous sa direction actuelle, il a pointé des lacunes persistantes, notamment des fuites de revenus, et appelé à leur éradication. Son plaidoyer s’inscrit dans un contexte où le pays mise sur des réformes fiscales pour améliorer la mobilisation des ressources, malgré des résistances de certains acteurs économiques.

Réformes en cours et défis de mise en œuvre

L’autorité fiscale a engagé plusieurs réformes pour moderniser la collecte et l’administration des impôts, dont l’introduction de nouveaux outils comme l’intelligence artificielle. Ces initiatives, bien que saluées pour leur efficacité, suscitent des interrogations au sein du secteur privé, exigeant une concertation élargie pour garantir leur acceptation. Les responsables de l’administration ont reconnu la nécessité d’une communication renforcée pour accompagner ces changements, tout en appelant à un soutien public pour leur application.

Ces mesures s’ajoutent à une stratégie globale visant à renforcer la transparence et à réduire les opportunités de fraude, dans un pays où la pression pour diversifier les sources de financement reste forte. L’enjeu dépasse désormais la simple collecte : il s’agit de bâtir un système fiscal plus inclusif et résilient, capable de répondre aux besoins croissants d’un développement économique durable.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.