L’inflation au Ghana devrait s’accélérer d’ici la fin 2026, atteignant 9 %, selon les dernières projections de Fitch Solutions. Cette hausse, principalement alimentée par un affaiblissement du cedi, contraste avec les prévisions optimistes du gouvernement, qui table sur un taux de 5 %.
Un contexte économique sous tension
Les analystes de Fitch Solutions anticipent une inflation en hausse dans les mois à venir, portée par une nouvelle pression sur la monnaie locale, le cedi. Cette tendance s’explique par un changement de posture de la Banque du Ghana, dont les mesures ne suffiraient pas à stabiliser durablement la devise. Pourtant, les mois récents avaient enregistré une baisse marquée de l’inflation, soutenue par la performance solide du cedi. Cette dynamique pourrait donc s’inverser rapidement.
Le gouvernement ghanéen, de son côté, maintient ses objectifs malgré les écarts de prévisions. Le ministre des Finances table sur un taux d’inflation de 5 % d’ici décembre 2026, un chiffre bien inférieur aux 9 % annoncés par Fitch Solutions. Cette divergence reflète les incertitudes entourant l’évolution des prix, notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des perturbations climatiques liées à El Niño. Ces facteurs pourraient aggraver les pressions inflationnistes, avec une projection à 13,2 % pour 2027.
Des perspectives contrastées pour l’économie ghanéenne
Malgré ces alertes, Fitch Solutions conserve un optimisme mesuré quant à la croissance du pays. L’agence anticipe une expansion économique de 5,7 % en 2026, supérieure à la moyenne décennale de 4,9 %, portée par une demande intérieure résiliente et une croissance soutenue du secteur minier. Les cours élevés de l’or, qui renforcent les réserves extérieures, ainsi qu’un commerce énergétique équilibré, offrent une certaine protection contre les chocs externes.
Le gouvernement mise sur une discipline budgétaire rigoureuse pour consolider les acquis macroéconomiques. Le déficit fiscal, estimé à 1,7 % du PIB en 2026, serait inférieur à l’objectif officiel de 2,2 %, grâce à une exécution ralentie des projets de développement et à des coûts d’emprunt réduits. Cependant, des risques persistent, notamment une politique monétaire américaine plus restrictive ou un épisode El Niño plus intense que prévu, qui pourraient peser sur les prix des denrées alimentaires.