Ghana : l’IERPP exige des comptes sur la disparition des rapports du GoldBod

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 21 lectures
Ghana : l’IERPP exige des comptes sur la disparition des rapports du GoldBod

L’Institut de recherche économique et de politiques publiques (IERPP) exige des explications du Ghana Gold Board (GoldBod) après la disparition inexpliquée de rapports trimestriels clés sur son site web. Ces documents, obligatoires selon la loi, détaillaient les opérations, les revenus et les exportations d’or du pays. Leur retrait soulève des questions sur la transparence et la gestion des ressources publiques.

Des rapports légalement obligatoires, désormais introuvables

Le GoldBod, créé en avril 2025 pour réguler le commerce de l’or artisanal et à petite échelle, est légalement tenu de publier des rapports trimestriels détaillant ses activités, ses revenus, ses contrats et ses dépenses. Ces documents doivent rester accessibles au public, conformément à l’article 42 de l’Acte 1140 du Ghana Gold Board. Pourtant, plusieurs rapports, dont celui du deuxième trimestre 2025, ont été retirés du site sans explication.

Parmi les données manquantes : l’achat de 26 009,56 kg d’or (soit 780 437,60 onces) auprès des mineurs artisanaux pour une valeur estimée à 2,62 milliards de dollars, ainsi que des exportations de 30 361,64 kg d’or artisanal, évaluées à près de 2,99 milliards de dollars. Ces chiffres, autrefois publics, sont désormais inaccessibles, limitant la capacité des citoyens et du Parlement à évaluer l’efficacité du programme d’achat d’or national.

Une opacité qui interroge sur l’utilisation des fonds publics

L’IERPP souligne que ces rapports sont essentiels pour comprendre les transactions, les marges commerciales et les coûts liés au programme d’achat d’or. Leur suppression intervient dans un contexte de critiques croissantes sur la gestion de ce programme, notamment après la révélation de pertes estimées à 1,7 milliard de dollars. L’Institut réclame donc la restauration immédiate de tous les rapports supprimés et la création d’une archive publique permanente.

Par ailleurs, l’IERPP demande au GoldBod de clarifier les raisons des suppressions, les éventuelles modifications des données, et de publier les dates de publication et de retrait de chaque rapport. Ces exigences s’appuient sur l’obligation légale de transparence, que le GoldBod impose pourtant aux acteurs privés du secteur.

Réformes en cours, mais transparence toujours en question

Malgré les réformes récentes du GoldBod – comme l’introduction d’un nouveau régime de prix, de seuils d’achat et d’obligations de reporting en temps réel –, les craintes persistent. Le Board a récemment annoncé avoir levé près de 839 millions de dollars d’avances pour l’achat d’or entre mars et mai 2026. Pourtant, sans accès aux rapports historiques, il reste difficile d’évaluer si ces fonds ont été utilisés de manière optimale.

Pour l’IERPP, la transparence n’est pas une faveur, mais une obligation légale. « Publiez les rapports. Restaurez l’archive. Expliquez chaque suppression. Ouvrez les livres », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que les ressources publiques doivent être gérées avec la plus grande rigueur.

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