Ghana : l'IERPP appelle à une gestion rigoureuse des fonds publics face aux pertes du programme aurifère

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 19 lectures
Ghana : l'IERPP appelle à une gestion rigoureuse des fonds publics face aux pertes du programme aurifère

L'Institute of Economic Research and Public Policy (IERPP) souligne une contradiction majeure dans la gestion économique du Ghana en 2025. Si l'attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers est réelle, l'institut alerte sur l'érosion des ressources nationales causée par les pertes financières du Programme d'achat d'or domestique (DGPP).

Un paradoxe entre attractivité et gestion interne

Le Ghana a enregistré un afflux d'investissements directs étrangers (IDE) s'élevant à 2,62 milliards de dollars, un signal positif qui témoigne de la confiance persistante des marchés internationaux malgré les difficultés économiques actuelles. Toutefois, le professeur Isaac Boadi, directeur exécutif de l'IERPP, estime que cette performance ne doit pas masquer les failles structurelles. Les pertes estimées à 1,7 milliard de dollars (environ 22 milliards de cedis) liées au programme d'achat d'or représentent, à elles seules, près de 65 % du volume total des IDE attirés sur la période.

La nécessité d'une transparence accrue sur le programme aurifère

L'IERPP insiste sur le fait que la célébration des entrées de capitaux ne doit pas occulter l'exigence de redevabilité. Bien que l'intégralité de cette perte financière ne soit pas imputable à la seule entité GoldBod, l'institut demande une clarification rigoureuse des coûts, des frais associés et de l'impact fiscal global du programme. Pour les experts, il est impératif de disséquer les mécanismes ayant conduit à ces pertes pour protéger les deniers publics, au même titre que l'on cherche à attirer de nouveaux investisseurs.

L'impératif d'une gouvernance responsable

Pour l'IERPP, la transformation économique durable du Ghana repose sur un équilibre entre l'ouverture aux capitaux étrangers et une gestion prudente des ressources existantes. Le professeur Boadi utilise l'analogie d'un seau que l'on remplit tout en laissant une fuite béante à sa base : l'investissement étranger, bien que vital pour la création d'emplois et le transfert technologique, ne peut compenser une gestion publique défaillante. L'institut appelle donc le Parlement, la société civile et les médias à exercer une surveillance accrue sur les chiffres officiels.

Vers une culture de la redevabilité économique

L'enjeu pour le Ghana est désormais de construire une crédibilité institutionnelle qui dépasse la simple attractivité financière. Selon l'IERPP, la confiance des investisseurs se nourrit autant de la transparence des finances publiques que de la capacité de l'État à sécuriser ses propres actifs. L'institut plaide pour une fin de l'enthousiasme sélectif, où les indicateurs positifs seraient les seuls sujets de débat public, au profit d'une analyse critique et exhaustive de la santé économique nationale.

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