Ghana : les start-up vertes réclament plus de soutien pour transformer les déchets en opportunités économiques

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Ghana : les start-up vertes réclament plus de soutien pour transformer les déchets en opportunités économiques

Alors que le Ghana fait face à une crise croissante des déchets, une organisation locale appelle à un engagement accru des pouvoirs publics et du secteur privé pour soutenir les jeunes entrepreneurs engagés dans l’économie circulaire. À l’occasion de la sixième édition de son programme d’incubation, Recycle Up! Ghana (RUG) a mis en lumière sept start-up innovantes, mais souligne que leur impact reste limité par des financements insuffisants et des lourdeurs administratives.

Un programme d’incubation pour former la prochaine génération d’entrepreneurs verts

Depuis 2019, le programme RUG Incubation cible les jeunes âgés de 18 à 35 ans, avec un accent sur les entrepreneurs sociaux développant des solutions dans la gestion des déchets, l’économie circulaire et les entreprises vertes. Les participants bénéficient de formations en gestion financière, levée de fonds, validation d’idées et développement commercial, ainsi que d’un accompagnement personnalisé pour pitcher leurs projets devant des investisseurs.

Lors de la sixième édition, sept start-up ont présenté leurs innovations, allant de la transformation de déchets agricoles en meubles ou produits cosmétiques, à la création de matériaux d’emballage biodégradables ou de produits sanitaires réutilisables. Parmi elles, Ecofurn, qui fabrique des bureaux scolaires écologiques à partir de déchets de riz et de plastique, a remporté le premier prix doté de 7 000 cedis ghanéens (GH¢).

Des financements publics et privés encore trop limités

Malgré des résultats tangibles – plus de 35 000 personnes impactées depuis le lancement du programme –, Recycle Up! Ghana (RUG) déplore un manque criant de soutien institutionnel et financier. Selon Gertrude Mawuena Goh, directrice des opérations de l’organisation, les partenariats avec des initiatives comme le programme Adwumawura du NEIP (National Entrepreneurship Innovation Plan) ont permis de former des start-up dans la région Ashanti, mais ces collaborations restent ponctuelles et insuffisantes.

« Nous sollicitons un réseau et un financement durable de la part du gouvernement pour renforcer les capacités des jeunes dans l’économie circulaire », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de clôture à Ejisu. Elle a également souligné la nécessité de multiplier les programmes similaires pour accélérer l’impact de ces initiatives.

Des défis réglementaires et logistiques pour les start-up

Les entrepreneurs incubés soulignent par ailleurs les obstacles administratifs, notamment l’obtention de certifications obligatoires pour commercialiser des produits cosmétiques ou alimentaires. Theodora Dankwah, cofondatrice d’Ellora Cosmetics – qui produit des shampoings et soins à base de déchets de riz –, a partagé son expérience : « Avant RUG, nous distribuions nos produits sans comprendre pleinement les besoins de nos clients. Aujourd’hui, nous savons qu’il faut d’abord écouter le marché. »

Elle a également plaidé pour un assouplissement des procédures de certification par la FDA (Food and Drugs Authority), indispensable pour ouvrir un compte bancaire ou accéder à certains marchés. « Les start-up comme la nôtre ont besoin d’un soutien simplifié pour surmonter ces barrières », a-t-elle insisté.

Vers une expansion nationale des initiatives de sensibilisation

Au-delà de l’incubation, RUG mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles pour promouvoir le tri des déchets et intégrer les jeunes dans la chaîne de valeur du recyclage. Un manuel de gestion des déchets a été distribué dans des établissements scolaires, avec un focus sur la réduction des plastiques et la création de clubs environnementaux.

Avec l’ambition d’étendre son programme à davantage de régions et de renforcer ses actions éducatives, l’organisation espère convaincre les décideurs de l’urgence d’investir dans une économie circulaire inclusive, capable de concilier création d’emplois, innovation et préservation de l’environnement.

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