Le Ghana accélère sa stratégie de transformation locale de l’or, mais les raffineurs privés réclament un appui gouvernemental pour rendre ce virage économiquement viable avant l’interdiction des exportations de minerai brut en 2026.
Une politique ambitieuse mais coûteuse pour l’industrie
À partir de septembre 2026, le Ghana interdira l’exportation d’or non raffiné, une mesure visant à retenir davantage de valeur ajoutée sur place. Pour y parvenir, l’autorité minière GoldBod impose aux producteurs de transformer leur or doré localement avant toute exportation. Cependant, cette transition s’accompagne de coûts supplémentaires que les raffineurs privés peinent à absorber seuls. Le PDG de la Chambre des Mines, Dr Ken Ashigbey, souligne que l’industrie ne peut supporter seule ce fardeau, appelant à une collaboration étroite avec l’État.
Taxes, électricité et technologie : les leviers d’action identifiés
Pour réduire les coûts de production, Dr Ashigbey propose plusieurs pistes. D’abord, une révision des taxes et redevances qui pèsent sur les raffineries, jugées trop lourdes pour un secteur en pleine mutation. Ensuite, l’accès à une électricité moins chère, notamment via des sources hydroélectriques, pourrait être accordé aux raffineries en raison de leur caractère stratégique. Enfin, l’investissement dans des infrastructures solaires, intégrées au projet d’économie 24 heures, pourrait faire baisser le prix du kilowattheure à 3 ou 4 cents, contre des tarifs bien plus élevés actuellement.
Un modèle collaboratif pour partager la charge
Le secteur minier ghanéen assume déjà des coûts indirects, comme le programme GANRAP (Ghana Accelerated National Reserve Accumulation Programme), qui impose une contribution pondérée à 0,098 % mais atteint 0,55 % pour certains acteurs. Selon Dr Ashigbey, cette « subsidisation déguisée » illustre la nécessité d’un partage équitable des efforts. Il insiste sur l’importance d’une approche collective, où gouvernement, industriels et investisseurs unissent leurs efforts pour rendre la transformation locale compétitive. Sans cette synergie, le risque est de voir les raffineurs étrangers capter la valeur ajoutée, au détriment des objectifs nationaux.