Le ministère ghanéen de l’Éducation a levé les ambiguïtés sur sa réforme linguistique pour les écoles primaires : les langues locales deviennent la base de l’enseignement, tandis que l’anglais et les langues étrangères restent des options, sans caractère obligatoire.
Une réforme centrée sur les langues locales
Le gouvernement ghanéen a publié une clarification officielle pour corriger les interprétations erronées de sa politique linguistique dans l’enseignement primaire. Contrairement à certaines rumeurs, les langues étrangères comme le français, l’arabe ou le chinois ne seront pas imposées aux élèves dès les premières années de scolarité. La nouvelle approche vise à renforcer les compétences de base en lecture et en calcul en utilisant les langues locales comme principal support pédagogique de la maternelle (KG) à la troisième année primaire (Primary Three).
Cette stratégie s’appuie sur des études internationales démontrant que l’enseignement dans une langue familière améliore significativement les résultats scolaires, la participation en classe et le développement cognitif des enfants. Les autorités éducatives insistent sur l’importance de préserver l’identité culturelle et linguistique du pays tout en préparant les élèves à un apprentissage progressif de l’anglais, langue dominante dans l’enseignement supérieur.
À partir de la quatrième année primaire (Primary Four), un modèle bilingue est introduit : les langues locales et l’anglais coexistent comme supports d’enseignement jusqu’à la sixième année (Primary Six). L’objectif est d’assurer une transition fluide vers un enseignement majoritairement en anglais tout en maintenant un ancrage dans les langues maternelles.
L’anglais et les langues étrangères restent facultatifs
Le ministère a catégoriquement démenti les allégations selon lesquelles les langues étrangères deviendraient obligatoires. Ces dernières ne seront proposées qu’en option, sous réserve de la disponibilité des enseignants et des ressources pédagogiques dans les établissements. Cette décision répond aux craintes exprimées par une partie de la population, alimentées par des informations non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux.
Les responsables du ministère ont appelé à la prudence face aux rumeurs et ont encouragé les parents, enseignants et médias à se référer aux communications officielles pour éviter toute désinformation. La réforme s’inscrit dans une volonté plus large d’améliorer les standards éducatifs, de promouvoir le multilinguisme et de préserver le patrimoine linguistique et culturel du Ghana. En combinant compétence en langues locales et en anglais, le gouvernement cherche à former des élèves performants sur le plan académique tout en restant ancrés dans leur héritage culturel.