Le Ghana Institution of Surveyors (GhIS) met en garde les autorités contre une interprétation hâtive des litiges d’indemnisation, qui pourrait conduire à des accusations infondées de fraude ou de faute professionnelle.
Des accusations de gonflement des indemnisations qui divisent
Le ministre ghanéen des Routes et Autoroutes, Governs Kwame Agbodza, a récemment évoqué la possibilité de saisir l’Office économique et des crimes organisés (EOCO) contre deux géomètres-experts, les accusant d’avoir tenté d’influer sur les indemnisations liées à des projets routiers. Selon lui, ces professionnels inciteraient les propriétaires affectés à rejeter les évaluations officielles, promettant des montants bien supérieurs à ceux proposés par les agences publiques.
Ces pratiques, si elles étaient avérées, auraient selon le ministre causé des surcoûts importants pour l’État et retardé la réalisation des infrastructures routières.
GhIS : une différence de chiffres ne suffit pas à prouver une faute
Dans un communiqué daté du 21 août 2026, le GhIS a réagi en soulignant que les désaccords sur les indemnisations devaient être examinés au cas par cas, avec des preuves tangibles, avant toute conclusion sur une éventuelle faute professionnelle. L’institution rappelle que les écarts entre les montants revendiqués et les évaluations officielles peuvent résulter de multiples facteurs légitimes : nature des biens concernés, méthodologies d’évaluation, preuves de marché, ou encore pertes consécutives.
Le GhIS insiste sur la nécessité d’analyser chaque dossier en fonction de ses spécificités, plutôt que de généraliser à partir de différences de chiffres.
Protéger les droits sans sacrifier la rigueur
L’institution plaide pour une approche équilibrée, où les droits légitimes des populations affectées par des projets d’infrastructure sont préservés, tout en identifiant et sanctionnant les cas avérés de gonflement frauduleux. Elle appelle les autorités à éviter les conclusions hâtives qui pourraient nuire à la crédibilité des professionnels du secteur et, in fine, à la qualité des évaluations.
Cette prise de position intervient alors que le Ghana accélère ses projets routiers, où les questions d’indemnisation restent un sujet sensible, entre impératifs économiques et droits des citoyens.