Ghana : l'équilibre fragile entre liberté d'expression et sanctions politiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
Ghana : l'équilibre fragile entre liberté d'expression et sanctions politiques

Au Ghana, l’application sélective des lois encadrant la parole politique menace l’équilibre entre protection des réputations et préservation de la liberté d’expression. Une mise en garde de l’IERPP, alors que le débat sur les sanctions pénales contre les commentaires en ligne s’intensifie.

Un cadre juridique sous tension

L’Institut de recherche économique et de politiques publiques (IERPP) a pointé du doigt les risques d’une application inégale des textes régissant la parole politique au Ghana. Lors d’une conférence de presse, l’organisme a souligné que la récente condamnation d’une créatrice de contenu pour des propos diffamatoires en ligne à l’encontre du président a relancé les interrogations sur la frontière entre protection des personnalités et préservation de la liberté d’expression.

L’IERPP, tout en réaffirmant son attachement à l’indépendance de la justice et à l’État de droit, s’interroge sur l’opportunité de recourir systématiquement à des sanctions pénales pour sanctionner des commentaires politiques. L’institut rappelle que l’histoire politique ghanéenne a souvent été marquée par des attaques personnelles, des rhétoriques inflammatoires et des allégations non fondées, sans toujours donner lieu à des poursuites pénales, quel que soit le parti au pouvoir.

Pour l’IERPP, une démocratie ne peut prospérer si les règles de la liberté d’expression varient selon que le président soit issu de tel ou tel parti. L’organisme insiste sur la nécessité d’une application uniforme des lois, sans cibler de manière sélective certains individus ou opposants politiques.

Vers une réforme des mécanismes de régulation

L’IERPP propose de privilégier les recours civils en cas de diffamation, plutôt que des peines de prison, pour préserver le débat politique légitime. Il appelle également à une révision des textes relatifs à la publication d’informations fausses, afin d’éviter qu’ils ne servent à étouffer la critique politique.

L’institut recommande aux partis politiques, aux communicants et à la société civile de promouvoir un discours centré sur les enjeux, plutôt que sur les attaques personnelles, la désinformation ou les assassinats de caractère. Selon l’IERPP, la préservation de la tradition démocratique ghanéenne passe à la fois par la responsabilité des acteurs et par le respect des droits constitutionnels des citoyens, dont la liberté d’expression.

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