Ghana : le surplus commercial explose à 148 milliards en 2025, porté par l'or et le cacao

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 38 lectures
Ghana : le surplus commercial explose à 148 milliards en 2025, porté par l'or et le cacao

Le Ghana affiche en 2025 un surplus commercial historique de 148 milliards de cedis (32 milliards de dollars), soit plus du triple de l'année précédente. Cette performance, tirée par des recettes record en or, cacao et produits pétroliers, marque une étape clé pour l'économie ouest-africaine.

Une croissance tirée par les matières premières stratégiques

Les exportations ghanéennes ont atteint 401,5 milliards de cedis en 2025, contre 253,2 milliards pour les importations, générant un excédent commercial sans précédent. Cette dynamique s'explique principalement par la hausse des prix internationaux de l'or, qui représente à lui seul 63,1 % des exportations (253,3 milliards de cedis), ainsi que par la vigueur des ventes de cacao (92 milliards) et de produits pétroliers (56,2 milliards). Ces trois secteurs concentrent 85,9 % des exportations, illustrant la persistance d'une économie encore largement dépendante des matières premières.

Sur le plan géographique, l'Asie s'impose comme le premier partenaire commercial du Ghana, avec une part d'exportations en hausse de 11,8 points de pourcentage, portée par des échanges accrus avec les Émirats arabes unis, l'Inde et la Chine. À l'inverse, l'Europe voit sa part reculer, tant à l'export (-6,7 points) qu'à l'import (-4,3 points). En Afrique, le Ghana réalise un surplus de 34,7 milliards de cedis, avec l'Afrique du Sud comme principal débouché continental (58,7 % des exportations africaines), tandis que le Nigeria domine les importations africaines, notamment en produits pétroliers.

Dépendance aux matières premières et défis structurels

Malgré ce bilan positif, l'analyse ajustée à l'inflation révèle un déficit commercial réel de 3,4 milliards de cedis, signe que la croissance des exportations repose davantage sur la flambée des prix que sur une augmentation des volumes. Cette situation souligne la vulnérabilité de l'économie ghanéenne face aux fluctuations des cours mondiaux. Le gouvernement est ainsi appelé à diversifier la base exportatrice, en développant les secteurs agro-industriels (cacao transformé, noix de cajou, thon, beurre de karité) et en renforçant la fabrication locale pour réduire la dépendance aux exportations de matières brutes.

Les importations, dominées par les produits pétroliers (plus de 51 milliards de cedis) et les biens manufacturés en provenance de Chine (machines, véhicules, acier), restent élevées. Cependant, une légère baisse des importations alimentaires, couplée à une hausse des exportations de produits alimentaires locaux, suggère une amélioration progressive de l'autosuffisance alimentaire, bien que les importations de céréales, riz et volailles demeurent significatives.

Pour pérenniser ces gains, les autorités misent sur l'approfondissement de l'intégration régionale via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en investissant dans les infrastructures productives et la compétitivité industrielle. L'objectif : transformer cette embellie commerciale en levier de développement durable et de résilience économique à long terme.

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