Ghana : le pari de l'économie des 24 heures pour transformer le tissu des PME

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
Ghana : le pari de l'économie des 24 heures pour transformer le tissu des PME

Le Ghana a franchi une étape décisive avec l'adoption de la loi sur l'économie des 24 heures en février 2026. Ce projet ambitieux, porté par le gouvernement, vise à optimiser les capacités productives du pays en encourageant une activité économique continue, un levier jugé essentiel pour transformer structurellement une économie où les petites et moyennes entreprises (PME) représentent 85 % de l'emploi manufacturier.

Lever les freins structurels à la productivité

La réussite de cette transition repose sur la résolution de quatre obstacles majeurs identifiés par les experts. Le déficit de financement, qui atteint 6 % du PIB, handicape les PME dont les besoins en fonds de roulement augmentent avec le passage aux cycles de travail étendus. À cela s'ajoutent la fiabilité énergétique, avec des coûts d'électricité élevés pesant sur la compétitivité, ainsi que des rigidités sur le marché du travail et des lacunes logistiques. La faible adoption des paiements électroniques et les coûts de livraison du dernier kilomètre freinent également l'intégration des petites structures dans ce nouveau modèle.

Un arsenal de mesures pour soutenir les entreprises

Pour accompagner cette mutation, l'État déploie un dispositif incitatif complet. Le Fonds de capital-risque (VCTF) a formalisé un mécanisme de « capital patient » pour soutenir les PME dans leur montée en charge, ayant déjà mobilisé plus de 2 milliards de cedis. Parallèlement, le gouvernement prévoit une réduction drastique des tarifs industriels de l'électricité, visant une baisse significative du coût au kilowattheure. Le déploiement de marchés modèles équipés d'infrastructures solaires et numériques dans les 261 districts du pays complète cette stratégie, visant à sécuriser et moderniser les environnements de travail.

La stratégie de montée en compétence des PME

Au-delà des aides publiques, la viabilité du modèle dépend de la capacité des PME à se restructurer. Les entreprises sont encouragées à cibler des secteurs à forte demande nocturne, comme l'agro-transformation, la logistique ou les services numériques. L'adoption d'outils digitaux, la formalisation de la gouvernance pour attirer les investisseurs et la création de coopératives locales apparaissent comme des leviers indispensables pour mutualiser les coûts et renforcer la résilience face aux contraintes énergétiques.

Un impact potentiel sur l'emploi et la croissance

Les projections économiques suggèrent qu'une adoption du double shift par seulement 20 % des PME formelles pourrait accroître le taux d'utilisation des capacités nationales de 54 % à 68 %. Cet élan pourrait générer 1,6 million d'emplois supplémentaires et porter la productivité globale du travail à une hausse de 15 %. Si ces chiffres restent des possibilités conditionnées par la qualité de l'exécution, ils soulignent l'enjeu collectif d'une transformation qui dépasse le simple cadre législatif pour devenir un moteur de stabilité fiscale à long terme.

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