Le nouveau ministre ghanéen des Collectivités locales, de la Chefferie et des Affaires religieuses, Mahama Ayariga, a annoncé une refonte profonde du système national de gestion des déchets. Cette initiative, qui fait suite à une série d'inspections sur le terrain, vise à optimiser l'ensemble de la chaîne, de la collecte au traitement final, tout en mobilisant des financements internationaux.
Une réorganisation logistique pour gagner en efficacité
Lors d'une tournée dans la région du Grand Accra, le ministre a identifié des lacunes majeures dans l'organisation actuelle. Selon lui, le problème n'est pas un manque de technologie ou d'infrastructures, mais une défaillance structurelle. M. Ayariga préconise une décentralisation des points de transfert et des centres de traitement pour les rapprocher des zones urbaines, réduisant ainsi les distances de transport et les coûts opérationnels. Il estime qu'une gestion plus rigoureuse pourrait permettre de diviser par deux les frais supportés par les ménages.
Le tri à la source comme levier de transformation
Le ministre insiste sur la nécessité d'impliquer les citoyens dès le foyer. Actuellement, le mélange des déchets domestiques complique leur valorisation. Le gouvernement prévoit d'introduire des systèmes de tri à la source, accompagnés de la fourniture d'équipements adaptés. Cette approche s'inscrit dans l'application du principe « pollueur-payeur », où chaque entité contribuerait équitablement au coût de traitement des déchets qu'elle génère, sous réserve d'une transparence totale dans l'utilisation des fonds publics.
Partenariats financiers et enjeux économiques
Pour soutenir cette ambition, le ministère explore des pistes de financement avec des partenaires extérieurs, notamment la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). La vice-présidente des opérations de l'institution, le Dr Fatima Elsheikh, a souligné que la gestion des déchets représente un levier de développement économique majeur. Au-delà de l'enjeu environnemental, le secteur est perçu comme un gisement d'emplois et un facteur d'attractivité pour Accra, hub économique régional.
Une priorité pour le nouveau gouvernement
Cette offensive sur la salubrité publique constitue l'un des premiers chantiers de Mahama Ayariga, investi dans ses fonctions fin août 2026. Le ministre a précisé que les dysfonctionnements observés dans la capitale ne sont qu'un reflet de la situation dans d'autres métropoles comme Kumasi ou Takoradi. L'objectif est désormais de transformer ces constats en une stratégie nationale cohérente, alliant rigueur budgétaire et modernisation des services publics locaux.