Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a présenté un rapport détaillé pour justifier l'utilisation de 49,72 millions de cédis consacrés à l'évacuation de 1 964 ressortissants ghanéens d'Afrique du Sud. Cette mise au point intervient en réponse aux accusations de l'opposition parlementaire, qui conteste la gestion de ces fonds et pointe un déficit de transparence sur une partie des sommes engagées.
Une ventilation précise des dépenses
Le rapport ministériel détaille une enveloppe globale composée de 33,7 millions de cédis provenant des caisses de l'État et d'un don de 16 millions de cédis de la société Engineers and Planners. La majeure partie des fonds, soit 38,8 millions de cédis, a été allouée à la logistique opérationnelle : vols affrétés, billets d'avion commerciaux, hébergement, restauration et frais médicaux. Le reste du budget a servi à verser une allocation de réintégration de 5 000 cédis et une indemnité de transport de 500 cédis à chaque rapatrié, sans distinction d'âge.
Contestation des chiffres de l'opposition
Le cœur du différend porte sur le nombre de bénéficiaires et la réalité des paiements. Alors que l'opposition remet en cause le nombre de passagers ayant emprunté des vols commerciaux et le versement effectif des aides aux mineurs, le ministère oppose des preuves documentaires. Le ministre affirme que les 1 964 personnes évacuées ont toutes perçu leurs allocations, s'appuyant sur des feuilles d'émargement et des reçus de compagnies aériennes. Il qualifie les calculs de l'opposition d'incohérents, soulignant des contradictions internes dans leurs propres déclarations publiques.
Vers un audit global des opérations d'évacuation
Au-delà de la polémique sur l'opération en Afrique du Sud, le ministère a officiellement sollicité, le 17 septembre 2026, un audit indépendant auprès de l'Auditeur général. Cette demande porte sur l'ensemble des exercices d'évacuation d'urgence menés par le gouvernement depuis 2017, incluant les rapatriements liés à la pandémie de COVID-19, ainsi qu'aux crises en Ukraine et au Soudan. L'objectif affiché est d'examiner les procédures de passation de marchés, la gestion des fonds et les systèmes de comptabilité mis en place par le ministère pour ces missions d'urgence.
Transparence et intégrité financière
Le ministère a également tenu à clarifier sa gestion des dons privés, affirmant n'avoir dissimulé aucune contribution. Il a par ailleurs justifié le refus d'une offre de financement de 20 millions de cédis proposée par MTN, arguant de la nécessité de préserver l'intégrité financière de l'opération. En proposant de soumettre les documents à un examen externe, le gouvernement cherche à clore le débat sur la gestion des fonds publics alloués à la protection de ses citoyens à l'étranger.