Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a initié un audit rigoureux pour faire la lumière sur les dépenses publiques allouées aux opérations d'évacuation de ses ressortissants. Cette décision intervient dans un contexte de débat national sur le coût des rapatriements, notamment après la comparaison entre les opérations liées à la pandémie de COVID-19 et celles menées récemment en Afrique du Sud.
Une comparaison budgétaire sous tension
Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a révélé que les archives ministérielles font état d'une dépense de 96,97 millions de GH¢ pour les évacuations durant la pandémie de COVID-19. Ce montant, bien que supérieur aux 49,72 millions de GH¢ consacrés au rapatriement des citoyens depuis l'Afrique du Sud, soulève des interrogations majeures au sein de l'exécutif. Le ministre a exprimé sa surprise face à ces chiffres, soulignant que la majorité des rapatriés durant la crise sanitaire avaient pourtant financé eux-mêmes leurs billets d'avion, leurs tests de dépistage et leurs frais de quarantaine.
Les zones d'ombre des dépenses passées
L'audit en cours vise à clarifier la structure des coûts engagés par l'État. Sur les 96,97 millions de GH¢ dépensés lors de la pandémie, environ 44 millions de GH¢ ont été alloués aux frais de quarantaine. Toutefois, la part restante demeure floue, poussant le ministère à exiger une transparence totale sur l'utilisation des fonds publics. Le ministre a insisté sur le fait que, malgré le caractère interpellant de ces données, aucune accusation de malversation ne sera formulée avant la conclusion des travaux d'audit.
La pression de l'opposition et l'exigence de transparence
Cette initiative gouvernementale répond également aux pressions exercées par le groupe parlementaire minoritaire. Ce dernier conteste la gestion financière de l'opération en Afrique du Sud, pointant du doigt une zone d'ombre de 16,4 millions de GH¢ qui, selon eux, ne correspond pas aux justificatifs fournis pour les 1 964 personnes évacuées. En réclamant un audit indépendant, l'opposition cherche à obtenir des explications précises sur la réconciliation entre les dépenses déclarées et le nombre réel de bénéficiaires. Le ministère des Affaires étrangères, par cette démarche d'audit, tente ainsi de clore la controverse en apportant des réponses factuelles sur la gestion des deniers publics lors de ces missions de rapatriement.