Ghana : le coût du programme d'achat d'or menace de peser sur les contribuables

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Ghana : le coût du programme d'achat d'or menace de peser sur les contribuables

Le programme d'achat local d'or de la Banque du Ghana (DGPP) se retrouve au cœur d'une vive controverse économique et politique en raison de lourdes pertes financières. Selon l'économiste Godfred Bokpin, ces résultats déficitaires dégradent les fonds propres de l'institution et font peser le risque d'une recapitalisation forcée sur les contribuables ghanéens. Cette situation met en lumière les dérives potentielles des activités quasi-fiscales menées par la banque centrale.

Les faits essentiels

Le programme d'achat domestique d'or (DGPP), initié par la Banque du Ghana (BoG), fait face à des difficultés financières majeures. Selon une évaluation du Fonds monétaire international (FMI), ce programme a enregistré des pertes s'élevant à plus de 1,7 milliard de dollars américains en 2025, ce qui représente environ 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) du Ghana. S'exprimant lors d'une intervention télévisée le mercredi 19 août, le professeur Godfred Bokpin, économiste à l'Université du Ghana, a souligné que ces pertes comptables affectent directement les capitaux propres de la banque centrale. Bien que ces pertes soient parfois qualifiées de simples coûts de transaction, l'universitaire insiste sur le fait qu'elles se traduisent par une position de fonds propres déficitaire pour l'institution financière suprême du pays.

Pourquoi c'est important

Cette situation soulève des inquiétudes majeures quant à la gestion financière de la Banque du Ghana et à l'utilisation de son bilan. Le professeur Bokpin critique la tendance systématique à sacrifier la solidité financière de la banque centrale pour mener des activités quasi-fiscales, une pratique qu'il juge préjudiciable à la santé à long terme de l'institution. L'enjeu direct pour les citoyens est financier : si la banque centrale ne parvient pas à redresser sa situation, l'État pourrait se voir contraint d'injecter de nouveaux capitaux, une charge qui incomberait directement aux contribuables ghanéens. Néanmoins, le programme DGPP présente un double visage. L'économiste reconnaît qu'il a permis d'intégrer les activités liées à l'or dans l'économie formelle, de freiner la contrebande de ce métal précieux et d'améliorer les entrées de devises étrangères. Toutefois, ces bénéfices macroéconomiques ne doivent pas occulter le coût financier exorbitant supporté par l'institution.

Ce qu'il faut surveiller

L'évolution de ce dossier dépendra de plusieurs facteurs clés dans les mois à venir. Il conviendra de suivre de près le débat politique et économique croissant autour des pertes du DGPP, notamment le rôle joué par l'entité GoldBod dans la mise en œuvre de ce programme. Les discussions devront également déterminer comment la Banque du Ghana compte adresser ce déficit de fonds propres sans solliciter l'aide de l'État, ou si une recapitalisation par les fonds publics deviendra inévitable. Enfin, la surveillance portera sur d'éventuels ajustements dans la conduite des activités quasi-fiscales de la banque centrale afin de préserver son bilan, conformément aux alertes formulées par les experts et les institutions internationales.

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