Ghana : Le Conseil de la médecine traditionnelle intensifie la régulation face à la prolifération des praticiens non enregistrés

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
Ghana : Le Conseil de la médecine traditionnelle intensifie la régulation face à la prolifération des praticiens non enregistrés

Face à une prévalence massive de la médecine traditionnelle au sein de la population ghanéenne, le Conseil de la pratique de la médecine traditionnelle (TMPC) tire la sonnette d'alarme. Avec moins de 15 % des 100 000 praticiens recensés dans sa base de données, l'institution engage une vaste opération de régulation pour garantir la sécurité des soins.

Un défi majeur de santé publique

Le constat dressé par le Dr Yakubu Tobor Yusuf, registraire du TMPC, est sans appel : l'immense majorité des praticiens opère en dehors de tout cadre légal, entravant la capacité de l'État à superviser les pratiques. Cette situation expose les patients à des risques sanitaires importants, notamment via la promotion de produits non certifiés sur les réseaux sociaux. Pour pallier ce déficit, le Conseil a multiplié les inspections, fermant plusieurs établissements jugés dangereux, et a ouvert de nouveaux bureaux régionaux afin de faciliter les démarches d'enregistrement des professionnels.

Contrôles et outils de vérification

Le TMPC exhorte désormais les citoyens à la vigilance. Chaque praticien dûment autorisé est dans l'obligation légale d'afficher sa licence, laquelle comporte un code QR permettant de vérifier instantanément son statut. Cette mesure vise à assainir le secteur, en particulier face aux acteurs opérant sur les plateformes numériques. Le Conseil collabore étroitement avec l'Autorité des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) pour distinguer les préparations artisanales fraîches des produits manufacturés, ces derniers devant impérativement être soumis à une certification rigoureuse.

Sanctions pénales et professionnalisation

La loi ghanéenne prévoit des peines sévères pour l'exercice illégal de la médecine traditionnelle, pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et des amendes significatives. Des procédures judiciaires sont déjà en cours, notamment dans la région de la Volta. Parallèlement à cette politique de répression, le TMPC mise sur la montée en compétences : un nouveau cursus de formation axé sur les compétences, dispensé en langues locales, est en cours d'élaboration pour les herboristes, rebouteux et autres praticiens traditionnels.

Recherche scientifique et enjeux de sécurité

Alors que 70 % de la population ghanéenne recourt aux médecines traditionnelles pour ses soins primaires, le besoin de preuves scientifiques devient crucial. Des institutions comme l'Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) mènent actuellement des recherches sur des produits standardisés pour le traitement de l'hypertension et la gestion de la douleur. Ces efforts, soutenus par des partenaires internationaux, visent à transformer un savoir ancestral en une offre de santé sécurisée, efficace et intégrée au système national.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.