Ghana : le Chief Justice sommé de s'excuser après des commentaires jugés politiques sur des entreprises publiques

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 38 lectures
Ghana : le Chief Justice sommé de s'excuser après des commentaires jugés politiques sur des entreprises publiques

Le Chief Justice du Ghana, Paul Baffoe-Bonnie, est au centre d'une controverse après avoir publiquement loué la performance d'entreprises publiques et interrogé la gestion du pays ces huit dernières années. Le médecin et commentateur politique Dr Arthur Kobina Kennedy exige désormais des excuses, estimant que ces propos portent atteinte à la neutralité de l'institution judiciaire.

Des visites institutionnelles qui virent au politique

Le 2 septembre, le Chief Justice s'est rendu au Mineral Income Investment Fund (MIIF) et à la Social Security and National Insurance Trust (SSNIT). Devant les équipes du MIIF, il a félicité l'organisation pour ses résultats, allant jusqu'à s'interroger publiquement sur ce que le Ghana avait accompli au cours des huit années précédentes. Il a également remis en question la gestion passée des ressources publiques en évoquant d'anciens projets de cession d'actifs par la SSNIT. Ces déclarations, formulées par le plus haut magistrat du pays, ont immédiatement suscité un débat sur la frontière entre observation institutionnelle et commentaire politique.

Arthur Kennedy : « Vous avez sonné comme un responsable du NDC »

Dans une vidéo diffusée en réaction à la polémique, le Dr Arthur Kobina Kennedy a qualifié le comportement du Chief Justice d'indigne de sa fonction. Il a estimé que les propos tenus donnaient l'impression que le magistrat adoptait une position politique, comparant son ton à celui d'un responsable du National Democratic Congress (NDC). Kennedy a appelé Paul Baffoe-Bonnie à présenter des excuses et à s'engager à ne plus répéter ce type de démarche, rappelant que le Chief Justice incarne l'exemplarité de l'institution judiciaire tout entière.

Une indignation sélective dénoncée des deux côtés

Kennedy a également tancé les soutiens des deux grands partis politiques pour ce qu'il considère comme une indignation à géométrie variable. Il a accusé les partisans du New Patriotic Party (NPP) de hypocrisie pour avoir naguère défendu l'ancienne Chief Justice Gertrude Torkornoo tout en critiquant aujourd'hui Baffoe-Bonnie. Il a retourné la même critique aux sympathisants du NDC, qui auraient adopté la position inverse selon les périodes. Pour Kennedy, l'enjeu dépasse les clivages partisans : il touche à la crédibilité de la justice ghanéenne.

Le Judicial Service défend son Chief Justice

Face à la controverse grandissante, le Judicial Service a publié un communiqué le 4 septembre. L'institution indique que le Chief Justice a pris note des réactions contrastées suscitées par ses observations, présentées comme formulées de bonne foi et sans intention de nuire à l'indépendance judiciaire. Le communiqué réaffirme l'engagement du magistrat en faveur de l'intégrité et de l'égalité devant la loi. Toutefois, aucune excuse ni rétractation formelle n'a été annoncée, ce qui alimente la pression croissante pour que le Chief Justice fasse preuve de prudence dans ses prises de parole publiques.

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