Ghana : l'ambitieuse aire marine protégée de Cape Three Points face au défi de sa mise en œuvre

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
Ghana : l'ambitieuse aire marine protégée de Cape Three Points face au défi de sa mise en œuvre

Cinq mois après l'officialisation de la zone marine protégée (AMP) de Greater Cape Three Points, le projet reste une coquille vide. Malgré l'urgence écologique, l'absence de délimitation physique, de patrouilles et de financement public laisse les communautés côtières dans une attente précaire.

Un flou opérationnel pour les pêcheurs

La déclaration officielle du 14 avril 2026 n'a pas été suivie d'effets concrets sur le terrain. Dans les 21 communautés concernées, les professionnels de la mer, à l'instar des pêcheurs de Cape Three Points ou de Busua, déplorent un manque total d'information. Aucune frontière n'est matérialisée en mer, rendant impossible pour les usagers de distinguer les zones autorisées des secteurs protégés. Cette incertitude fait craindre aux pêcheurs des sanctions arbitraires lors du déploiement futur des patrouilles.

Une dépendance financière aux bailleurs internationaux

L'architecture légale et financière du projet est encore embryonnaire. Selon les documents officiels, aucun budget national dédié n'a été alloué à l'implémentation de cette aire protégée. Les coûts opérationnels reposent actuellement sur des financements internationaux, notamment de Bloomberg Philanthropies et du gouvernement norvégien. Les experts soulignent que ce modèle n'est pas viable à long terme et que le plan de gestion complet ne devrait pas être opérationnel avant 2027.

La pression sur les ressources halieutiques

L'enjeu est pourtant vital pour le pays : les débarquements de poissons ont chuté de 73 % entre 1992 et 2025, contraignant le Ghana à importer plus de 79 000 tonnes de poisson par an. L'AMP est censée inverser cette tendance en protégeant les zones de reproduction. Cependant, en l'absence de surveillance, des pratiques illégales, comme le « saiko » (transfert illicite de poissons entre chalutiers industriels et pirogues), continuent d'être signalées par les communautés locales, impuissantes face à des navires parfois armés.

Le défi de l'objectif 30x30

Le Ghana s'est engagé à protéger 30 % de ses eaux d'ici 2030, conformément au cadre mondial pour la biodiversité. Actuellement, seulement 0,40 % de sa zone économique exclusive est couverte. Le succès de l'AMP de Greater Cape Three Points est considéré comme un test crucial pour cette stratégie nationale. Pour les acteurs locaux, la réussite ne dépend pas seulement de la volonté politique, mais de la capacité de l'État à transformer une désignation juridique en une réalité tangible, capable de sécuriser à la fois la biodiversité et les moyens de subsistance des populations côtières.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.