Le Ghana s’apprête à réformer son système de formation des enseignants avec la création de la National University of Teacher Education (NUTE), mais un think tank éducatif met en garde contre une dérive coûteuse et inefficace. Africa Education Watch (Eduwatch) soutient l’initiative, à condition qu’elle renforce les 49 collèges publics existants plutôt que de les marginaliser au profit d’une nouvelle université classique. L’enjeu ? Éviter une fragmentation accrue et garantir une amélioration tangible de la qualité de l’enseignement.
Une réforme pour unifier un système fragmenté
Le Ghana compte 49 collèges publics de formation des enseignants, actuellement affiliés à six universités mentores pour les diplômes et l’évaluation. Cette organisation crée des inégalités : différences de notation, de gouvernance et de standards académiques entre les établissements. Eduwatch propose que NUTE devienne une institution d’excellence chargée de la coordination académique, de l’harmonisation des normes, de l’assurance qualité et de la recherche, tandis que les collèges conservent leur rôle central dans la formation initiale des enseignants.
Éviter la duplication coûteuse des ressources
Le think tank craint qu’un campus centralisé de NUTE ne concurrence les collèges pour les étudiants, le personnel et les financements, reproduisant ainsi les problèmes actuels. Pire, cela pourrait entraîner une « dérive de mission », où l’institution nouvelle se détourne de son objectif initial. Eduwatch insiste : NUTE doit rester un organe de supervision et de soutien, pas une université classique absorbant les ressources existantes.
Des économies pour les étudiants, un impératif
Les frais payés par les étudiants des collèges incluent environ 20 % de charges reversées aux universités mentores pour les examens et autres services. Eduwatch exige que la suppression de ce système d’affiliation se traduise par une baisse directe des coûts pour les apprenants, et non par un simple transfert de ces frais vers NUTE sous de nouvelles catégories. « La réduction des coûts doit être un résultat mesurable de la réforme », souligne l’organisation.
Financement durable et qualité de l’enseignement
Pour Eduwatch, une réforme sans financement adéquat ne servirait à rien. Le think tank appelle à un cadre financier pérenne couvrant le recrutement d’enseignants qualifiés, leur développement professionnel, la recherche, les infrastructures numériques et la supervision des stages. L’objectif ultime : améliorer la préparation des futurs enseignants et les résultats scolaires. NUTE devra aussi attirer et retenir des enseignants titulaires d’un doctorat en leur offrant des perspectives de carrière et des opportunités de recherche.