Ghana : la réforme constitutionnelle de Mahama sous le feu des attentes après la création d’un comité clé

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 42 lectures
Ghana : la réforme constitutionnelle de Mahama sous le feu des attentes après la création d’un comité clé

Le Ghana entre dans une phase décisive de sa réforme constitutionnelle, portée par un comité de 11 membres chargé de transformer les promesses de l’exécutif en actions concrètes. Cette initiative, saluée par la société civile, pourrait enfin briser le cycle des consultations stériles et des réformes inabouties qui ont marqué le pays ces dernières décennies.

Un comité pour passer des mots aux actes

L’Executive Director de la Media Foundation for West Africa (MFWA), Sulemana Braimah, a exprimé une prudente optimisme face à la relance du processus de réforme constitutionnelle au Ghana. L’inauguration d’un comité de 11 membres, chargé de mettre en œuvre les recommandations du Comité de révision constitutionnelle, marque un tournant après des années de blocages. Braimah souligne que cette étape est cruciale, car elle intervient après l’engagement formel du président John Dramani Mahama en faveur d’une réforme « complète » du texte fondamental.

Pour l’organisation, l’enjeu est double : identifier les dispositions constitutionnelles ayant contribué aux dysfonctionnements de la gouvernance ghanéenne et proposer des solutions tangibles. « L’objectif ultime est de régler les problèmes issus de ces dispositions que les parties prenantes jugent obsolètes », a-t-il déclaré. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait renforcer la transparence et la responsabilité des institutions.

Le défi de l’implémentation : un écueil historique

Malgré l’enthousiasme relatif, Braimah rappelle les échecs passés des réformes constitutionnelles au Ghana. Les consultations approfondies et les recommandations élaborées n’ont que rarement abouti à des changements législatifs ou structurels durables. « J’espère que cette fois, le processus aboutira », a-t-il confié, reflétant les craintes d’une nouvelle initiative avortée. La création du comité est donc perçue comme un test de la détermination du gouvernement à franchir le pas.

L’expert salue par ailleurs la composition de l’équipe, jugée à même de porter le projet. Cette sélection pourrait être un gage de sérieux, mais aussi un indicateur de la volonté politique réelle derrière la réforme. Reste à savoir si les propositions du comité seront adoptées sans délai ni amendements réduisant leur portée.

Vers une gouvernance plus inclusive ?

La réforme constitutionnelle, si elle est menée à bien, pourrait avoir des répercussions majeures sur la gestion des affaires publiques. Parmi les pistes évoquées, l’examen des articles controversés du texte actuel, perçus comme des freins à une gouvernance efficace, est au cœur des débats. Une révision ciblée pourrait, par exemple, clarifier les rôles entre les branches exécutive, législative et judiciaire, ou renforcer les mécanismes de contrôle des abus de pouvoir.

Pour les observateurs, cette phase de mise en œuvre est aussi l’occasion de mesurer l’engagement des autorités à démocratiser davantage les institutions. Le succès du comité dépendra en grande partie de sa capacité à concilier les attentes des citoyens, des partis politiques et des partenaires internationaux, dans un contexte où la stabilité politique reste un enjeu central pour la région.

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