Le secrétaire général du Nouveau Parti patriotique (NPP), opposition au pouvoir au Ghana, Justin Frimpong Kodua, a critiqué la démarche sélective de la campagne gouvernementale contre l’orpaillage illégal. À l’issue du verdict rendu par la Haute Cour dans l’affaire de l’orpaillage illégal de Samreboi, il a estimé que la condamnation du président régional du NPP de la région Ashanti, Bernard Antwi-Boasiako, surnommé « Chairman Wontumi », ne devait pas être interprétée comme une victoire politique.
Selon lui, la crédibilité de cette campagne dépend de son application équitable à l’ensemble des citoyens, indépendamment de leur affiliation politique. « Ce n’est pas un trophée », a-t-il déclaré, soulignant que la poursuite d’une figure de l’opposition ne devait pas occulter les allégations non résolues concernant des personnalités liées au Congrès national démocratique (NDC), parti au pouvoir.
M. Kodua a rappelé que des déclarations antérieures du président John Dramani Mahama avaient évoqué l’implication de membres de son administration dans des activités d’orpaillage illégal. Il a demandé des comptes sur les mesures concrètes prises à la suite de ces aveux, interrogeant notamment l’identité des personnes concernées et l’ouverture éventuelle d’enquêtes.
Il a également évoqué des pétitions adressées à l’Office de lutte contre la criminalité économique et organisée (EOCO), visant des allégations impliquant des responsables du NDC, dont le responsable national du parti, Joseph Yamin, et le vice-président national, Abanga Yakubu. D’autres allégations concernent des députés et un responsable local, sans que leur traitement ne semble bénéficier de la même urgence que celui réservé à Chairman Wontumi.
Pour le secrétaire général du NPP, une justice sélective menace la confiance du public dans la campagne anti-galamsey. Il a insisté sur la nécessité d’enquêtes impartiales et d’une application uniforme de la loi, quel que soit le camp politique des personnes concernées.
Au-delà de cette polémique, M. Kodua a rappelé que le Ghana fait face à des défis nationaux majeurs, exigeant une réponse urgente de l’État. Il a cité la montée des menaces sécuritaires, la destruction des plantations de cacao et des communautés agricoles par l’orpaillage illégal, ainsi que les inondations récentes et la progression du terrorisme dans la sous-région ouest-africaine. Selon lui, ces enjeux appellent une action gouvernementale déterminée, compétente et tournée vers la protection des vies et des moyens de subsistance.