La Cour suprême du Ghana a ordonné aux partis politiques de remplacer leur système de délégués par un vote direct d’ici un an, une réforme constitutionnelle majeure qui redéfinit les règles du jeu démocratique.
Une décision historique aux implications immédiates
La plus haute juridiction du pays a jugé inconstitutionnel le système de vote par délégués, estimant qu’il prive les membres ordinaires de leur droit de participation et viole les principes démocratiques de la Constitution de 1992. Cette décision, rendue à une majorité de cinq juges contre deux, s’inscrit dans le cadre d’un recours porté par des citoyens contre le Nouveau Parti patriotique (NPP) et d’autres formations politiques. Les partis sont désormais tenus d’amender leurs statuts pour permettre à tous leurs membres en règle de voter directement pour leurs candidats à la présidence et au Parlement.
Le président national du Congrès national démocratique (NDC), Johnson Asiedu Nketia, a salué la faisabilité de ce calendrier d’un an, soulignant que la disponibilité d’un registre électoral fiable constitue le principal atout pour mener à bien cette transition. Selon lui, une fois ce registre consolidé, les préparatifs logistiques pourraient être finalisés dans les délais impartis. Cependant, il a reconnu que cette réforme entraînerait des coûts bien supérieurs à ceux du système actuel, en raison notamment du nombre accru de bulletins de vote, de matériel électoral et de bureaux de vote nécessaires.
Un coût élevé et des défis organisationnels à relever
Asiedu Nketia a illustré l’ampleur des dépenses supplémentaires en comparant les deux systèmes : alors que le vote par délégués nécessite moins de 400 000 bulletins, le vote direct en exigerait entre un et deux millions. Il a rappelé que le NDC avait déjà expérimenté ce modèle en 2014, dépensant près de 14 millions de cedis pour ouvrir plus de 8 000 bureaux de vote, couvrant ainsi l’ensemble des zones électorales du pays. Cette expérience avait permis d’éviter aux électeurs des zones rurales de parcourir de longues distances, mais avait aussi révélé les contraintes budgétaires liées à une telle organisation.
Face à ces enjeux, le dirigeant du NDC a appelé l’État à prendre en charge les frais de tenue de ces élections internes, arguant que leur organisation relève d’un service public essentiel. Il a proposé la création d’un organe de régulation des partis politiques, chargé de vérifier leur représentativité géographique avant leur certification, afin d’éviter une multiplication anarchique des formations politiques. Bien que cette réforme représente un défi logistique et financier majeur, Asiedu Nketia a exprimé sa confiance dans la capacité du NDC à respecter le délai, s’appuyant sur l’expérience acquise lors du pilote de 2014.