Chaque saison des pluies, le même cycle se répète au Ghana. Les communautés sont submergées, les familles perdent leurs maisons, les entreprises subissent des pertes importantes, les routes deviennent impraticables et le gouvernement dépense des millions de cedis pour les secours d’urgence. Cependant, une fois que les eaux de crue se sont retirées, l’attention nationale faiblit jusqu’à la prochaine catastrophe.
Le Ghana ne peut pas continuer à réagir aux inondations comme à une urgence. Il doit les gérer comme un risque national prévisible grâce à la science, la technologie et la planification fondée sur des preuves. Le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle (CSIR) a proposé une stratégie de mitigation des inondations qui combine des interventions immédiates avec des investissements à moyen et long terme pour réduire considérablement les désastres causés par les inondations dans tout le pays.
Actions à court terme : sauver des vies avant les prochaines pluies
La priorité devrait être la réduction du risque immédiat pour les vies et les biens. Les inspections de salubrité environnementale doivent être intensifiées pour garantir que les égouts restent libres de déchets solides. Les communautés sujettes aux inondations doivent être cartographiées de manière scientifique par le CSIR pour guider la planification et la réponse aux situations d’urgence.
La technologie doit également devenir centrale dans la préparation aux catastrophes. Le Ghana a besoin d’un système intégré d’alerte précoce aux inondations qui fournisse des alertes en temps opportun via la messagerie SMS, la radio, les médias sociaux et d’autres plateformes de communication.
Investissements à moyen terme : s’attaquer aux causes profondes
Les inondations ne peuvent pas être résolues uniquement en dégageant les égouts. L’exploitation minière illégale, la déforestation non contrôlée et la dégradation des bassins versants ont considérablement réduit la capacité du paysage à absorber les précipitations. L’arrêt de ces activités destructrices doit devenir une priorité nationale.
Vision à long terme : construire des villes résilientes aux inondations
Le changement climatique signifie que les événements de pluies extrêmes deviendront plus fréquents. Le Ghana doit donc passer d’une gestion réactive des catastrophes à une planification urbaine résiliente. Les plaines inondables naturelles doivent être protégées plutôt que détruites. Les villes doivent intégrer des lacs urbains qui servent à la fois à des fins récréatives et à la recharge des nappes phréatiques.
La science doit guider la politique nationale. La gestion des inondations n’est pas uniquement un défi d’ingénierie, mais également un problème environnemental, scientifique, technologique et de gouvernance qui exige une collaboration entre les chercheurs, les agences gouvernementales, les autorités locales et les communautés.