Lors du dialogue financier Ecobank‑JoyNews du 22 septembre, le Dr Charles Nyaaba, ancien directeur de la Peasant Farmers Association du Ghana, a dénoncé que les exigences de documentation et de garantie imposées par les banques limitent l’accès au crédit des exploitants, surtout les petits producteurs qui ne demandent que des prêts modestes.
Des exigences documentaires qui excluent les petits exploitants
Selon le Dr Nyaaba, les institutions financières appliquent des critères uniformes sans tenir compte de la diversité des situations agricoles. Il rappelle que la disponibilité des documents exigés constitue l’un des principaux obstacles à l’obtention de financement, que ce soit pour la production, la commercialisation ou la distribution. Cette rigidité empêche de nombreux agriculteurs de sécuriser les fonds nécessaires à leurs activités, même lorsqu’ils ont déjà accès à des intrants agricoles grâce à des programmes d’accompagnement.
Le fardeau du transfert de titre foncier
Dans le cadre d’une récente opération de financement, le Dr Nyaaba a dû transférer la propriété d’un bien immobilier à la banque avant que les fonds ne soient débloqués. Le coût de cette formalité s’est élevé à environ GH¢30 000, un montant disproportionné comparé aux petites sommes demandées par les exploitants. Il souligne que la plupart des petits agriculteurs s’appuient sur des terres héritées comme principal actif, rendant difficile, voire impossible, le paiement de frais de transfert de titre pour obtenir un prêt.
Vers un financement agricole plus inclusif
Face à ces constats, le Dr Nyaaba a appelé les prêteurs à adopter une approche plus souple et adaptée aux différentes catégories d’agriculteurs. Il recommande de revoir les exigences de collatéral, de simplifier la documentation, d’ajuster les taux d’intérêt et d’allonger les périodes de remboursement afin de refléter la réalité de la production agricole. Un financement qui tiendrait compte des besoins spécifiques du secteur pourrait soutenir la croissance du chaîne de valeur agricole et renforcer la résilience des exploitants ghanéens.