Lors d’une réunion bilatérale au sein du Commonwealth 2026, les ministres des Affaires étrangères du Ghana et de Trinité‑Tobago ont convenu d’explorer la création d’un mécanisme dédié à la justice réparatrice, afin de canaliser leurs revendications communes auprès du Royaume‑Uni.
Une rencontre bilatérale au cœur du Commonwealth 2026
Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre ghanéen des Affaires étrangères, et Sean S.M. Sobers, son homologue trinidadien, se sont entretenus en marge du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth à Antigua‑Barbuda. Au programme : renforcer les liens bilatéraux, approfondir la coopération Afrique‑Caraïbes et définir une stratégie commune pour la justice réparatrice, un sujet jugé trop marginalisé dans les forums existants comme la réunion des ministres des Affaires étrangères du Commonwealth.
Vers un dispositif dédié, co‑présidé par l’UA et la CARICOM
Les deux ministres ont souligné la nécessité d’une plateforme exclusive, capable de coordonner les démarches avec le Royaume‑Uni et d’autres partenaires internationaux. L’idée retenue prévoit une co‑présidence entre l’Union africaine (UA) et la Communauté caribéenne (CARICOM), garantissant ainsi une représentation équilibrée des intérêts africains et caribéens. Au-delà d’une éventuelle compensation financière, le dispositif viserait la reconnaissance officielle des crimes historiques, la réconciliation, des garanties contre toute récidive et la promotion d’un ordre international plus équitable.
Contexte international : la résolution de l’ONU et les initiatives ghanéennes
Le projet s’inscrit dans le sillage d’une avancée diplomatique majeure pour le Ghana. Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution A/RES/80/250, qualifiant la traite des Africains et l’esclavage racialisé de « crime contre l’humanité le plus grave ». Portée par le président John Dramani Mahama, alors champion de l’UA pour les réparations, la résolution a recueilli 123 voix favorables. Suite à ce succès, Accra a organisé une conférence consultative de haut niveau du 17 au 19 juin 2026, créant trois panels internationaux – conseil consultatif global, panel d’experts sur la restitution des biens culturels et panel juridique mondial – pour soutenir la mise en œuvre d’un plan d’action quinquennal axé sur la diplomatie, le financement réparateur et la réforme du système financier mondial.
Propositions de Trinité‑Tobago et perspectives de coopération
Trinité‑Tobago a présenté un volet de développement concret, incluant l’extension de bourses d’études, le soutien à la construction d’infrastructures sanitaires et l’amélioration des établissements éducatifs. La coopération climatique a également été évoquée comme champ d’action complémentaire. Les ministres ont rappelé que le Ghana assumera la présidence de l’UA en 2027, tandis que Trinité‑Tobago prendra la tête de la CARICOM en janvier 2028, deux moments propices pour intensifier la synergie Afrique‑Caraïbes. Une visite officielle du ministre ghanéen à Port‑of‑Spain en 2027, prévue pour commémorer le 60ᵉ anniversaire des relations diplomatiques, devrait officialiser le lancement du mécanisme et renforcer les engagements multilatéraux autour de la justice réparatrice.