Ghana doit lancer un dialogue national pour freiner la montée des insultes politiques en ligne

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 50 lectures
Ghana doit lancer un dialogue national pour freiner la montée des insultes politiques en ligne

L’essor des insultes politiques sur les réseaux sociaux a déclenché une vive polémique au Ghana, illustrée par le compte TikTok « Ghana Jollof ». L’avocat Martin Kpebu, intervenant sur Joy FM, estime que les arrestations et les poursuites ne suffiront pas à endiguer ce phénomène et propose un dialogue national pour encadrer le discours public.

Le contexte de la polémique « Ghana Jollof »

Le compte TikTok « Ghana Jollof » est devenu le symbole d’une rhétorique virulente, accusé par la police d’être animé par Barbara Asantewaa Kodua. Selon les autorités, Kodua aurait rémunéré Salomey Awiti Bafoh et d’autres personnes pour relayer des vidéos jugées provocatrices. Bafoh, infirmière senior de 40 ans, a été placée en détention provisoire pendant deux semaines par le tribunal de circuit d’Adentan, après s’être déclarée non coupable d’incitation à la diffusion de fausses nouvelles. Elle doit comparaître de nouveau le 30 septembre.

Les limites de la répression judiciaire

Martin Kpebu a souligné que la simple incarcération de Bafoh ne résout pas le problème structurel. Il a suggéré que des mesures moins intrusives, comme la saisie et l’analyse du téléphone de la suspecte, auraient pu être suffisantes pour identifier les responsables. Selon lui, une approche axée sur la détention risque d’éroder la confiance du public dans les institutions et de restreindre les libertés démocratiques, alors même que le contenu visé ne constitue pas toujours une incitation directe à la violence.

Proposition d’un dialogue national comme réponse collective

Kpebu plaide pour une conversation nationale réunissant politiciens, commentateurs et citoyens afin de définir des limites acceptables au discours politique. Il rappelle que les insultes ne sont pas l’apanage d’un seul camp : il a lui‑même qualifié le président Akufo‑Addo de « manpam », tandis que l’ancien président Mahama a employé les expressions « Akyem mafia » et a accusé le président actuel de le « jabber ». L’objectif, selon Kpebu, serait de convenir d’une trêve verbale et d’instaurer des règles de conduite partagées.

Réactions des acteurs politiques et perspectives

Le vice‑président du NPP, Dr Mahamudu Bawumia, a qualifié l’arrestation de Bafoh de « très inquiétante » et a demandé sa libération, tout en réaffirmant que les insultes politiques ne doivent pas être encouragées. Le ministre de la Communication, Felix Kwakye Ofosu, a indiqué que le gouvernement tolère les critiques à l’égard du président John Mahama, mais qu’il ne restera pas inactif face à des propos susceptibles d’inciter à la violence ou de troubler l’ordre public. Ces positions illustrent la tension entre protection de la liberté d’expression et préservation de la sécurité collective, un débat qui pourrait être structuré par le dialogue national proposé.

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