Ghana : des organisations anti-corruption exigent la transparence sur des versements suspects au Parlement

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Ghana : des organisations anti-corruption exigent la transparence sur des versements suspects au Parlement

Face à la polémique entourant un versement présumé de 70 000 GH¢ lié aux travaux de la commission des nominations du Parlement ghanéen, Transparency International Ghana (TI-Ghana) et la Ghana Anti-Corruption Coalition (GACC) montent au créneau. Ces organisations exigent une transparence totale sur l'origine et la finalité de ces fonds, soulignant le risque majeur que cette affaire fait peser sur la confiance des citoyens envers l'institution législative.

Une exigence de clarté institutionnelle

Bien que la députée Patricia Appiagyei ait, selon les rapports, refusé et restitué la somme, les organisations anti-corruption estiment que l'action individuelle ne suffit pas à solder le problème. Elles demandent au service parlementaire de publier les détails financiers complets : source des fonds, autorité ayant autorisé le paiement, base budgétaire et liste des bénéficiaires. L'enjeu est de déterminer si ces transactions sont conformes aux textes en vigueur, notamment le Public Financial Management Act et les codes de conduite des parlementaires.

Le spectre de la méfiance publique

Cette affaire s'inscrit dans une série d'allégations de corruption ayant entaché la réputation du Parlement entre 2020 et 2026. Les organisations rappellent les accusations portées en 2023 par le député George Kwaku Ricketts-Hagan sur des votes monnayés, ainsi que les allégations de 2025 concernant des paiements exigés par des membres de la commission des nominations. Pour TI-Ghana et la GACC, le silence ou les explications partisanes ne sont plus des options acceptables si le Parlement souhaite préserver sa légitimité.

L'enquête du Procureur spécial en cours

Le Bureau du Procureur spécial (OSP) a ouvert des investigations préliminaires pour authentifier un mémorandum attribué à Mme Appiagyei, document dont l'authenticité est contestée par le groupe parlementaire minoritaire. Cette enquête devra clarifier la nature réelle de ces fonds. Parallèlement, les organisations appellent le président de l'Assemblée, Alban Bagbin, à transformer ses engagements publics en faveur de l'intégrité parlementaire en mesures concrètes.

Vers un cadre de régulation contraignant

Au-delà de cette affaire, TI-Ghana et la GACC préconisent l'adoption d'un cadre normatif contraignant régissant les cadeaux, indemnités et autres avantages financiers liés aux travaux des commissions. Elles suggèrent l'instauration de seuils de divulgation obligatoires et de sanctions strictes en cas de non-conformité. Cette réforme est présentée comme une étape indispensable pour protéger la crédibilité des futurs processus de nomination et renforcer le rôle du Parlement en tant qu'institution de contrôle démocratique.

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