Le Ghana importe près de quatre‑cinquièmes de sa consommation de volaille, soit environ 18 millions d’euros en provenance des Pays‑Bas en 2024, selon l’ambassadeur néerlandais Hans Akerboom. Face à cette dépendance, il a appelé à un renforcement de la production locale, estimant que cela pourrait créer des emplois et améliorer les conditions de vie des éleveurs ghanéens.
Une dépendance importatrice de 80 %
Lors d’une table ronde à Accra le 26 octobre 2026, l’ambassadeur a rappelé que le Ghana importe également de la volaille de Belgique, des États‑Unis et du Brésil, ce qui confirme la vulnérabilité du pays face aux fluctuations du marché international. La volaille, source protéique privilégiée des ménages ghanéens, représente une demande constante que les producteurs nationaux peinent à satisfaire.
Les chiffres avancés – 80 % d’importations et 18 M€ d’achats néerlandais en 2024 – sont perçus comme un signal d’alarme pour les décideurs. Ils soulignent la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement et de développer une filière interne capable de répondre aux besoins nutritionnels tout en limitant les sorties de devises.
Le rôle du partenariat Ghana‑Pays‑Bas
L’ambassadeur a présenté le soutien néerlandais comme un levier stratégique. Après une visite d’une délégation ghanéenne aux Pays‑Bas plus tôt dans l’année, les deux pays envisagent d’échanger connaissances techniques, innovations et capitaux afin d’adapter le modèle néerlandais – basé sur l’investissement continu en recherche et collaboration – au contexte ghanéen.
Un avenant au protocole d’accord existant entre le Ghana et les Pays‑Bas, dédié spécifiquement à la volaille, sera signé. Ce document vise à structurer la coopération, à canaliser les financements et à créer un cadre pour des projets concrets, notamment dans le cadre du programme « Feed Ghana » et de l’initiative « 24‑hour economy » du gouvernement ghanéen.
Un webinaire prévu en 2027 présentera les résultats de la table ronde et facilitera le réseautage entre les acteurs publics, privés et académiques, afin de transformer les engagements en actions opérationnelles.
Enjeux pour l’économie et les acteurs locaux
Le développement d’une filière volaille nationale représente une opportunité de création d’emplois directs dans l’élevage, la transformation et la distribution, ainsi que d’emplois indirects dans les services financiers, la logistique et la formation technique. Une production accrue pourrait également stabiliser les prix pour les consommateurs et réduire la pression sur la balance des paiements.
Pour concrétiser ces bénéfices, l’ambassadeur a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le gouvernement, le secteur privé, les institutions financières et les centres de recherche. Des incitations fiscales, des facilités de crédit et des programmes de formation sont cités comme des leviers essentiels pour encourager les agriculteurs à investir dans des systèmes de production modernes.
En résumé, la dépendance actuelle du Ghana à l’égard des importations de volaille est perçue comme un défi mais aussi comme une porte ouverte vers une industrie locale plus résiliente, soutenue par un partenariat stratégique avec les Pays‑Bas et alignée sur les priorités de souveraineté alimentaire du pays.