Le gouvernement ghanéen a ordonné une réduction de 2 cedis par litre sur le prix du diesel, une mesure saluée par les distributeurs mais critiquée pour son exclusion du pétrole et du GPL.
Contexte et mise en œuvre
La Chambre des sociétés de commercialisation pétrolière (COMAC) a confirmé l’application immédiate de la directive gouvernementale, absorbant 2 cedis sur chaque litre de diesel vendu. Cette décision, annoncée par le président John Dramani Mahama, vise à atténuer l’impact des tensions géopolitiques sur les prix mondiaux du pétrole, notamment les risques liés aux tensions entre les États-Unis et l’Iran qui perturbent les approvisionnements via le détroit d’Ormuz. Les projections évoquaient une hausse potentielle de 12,5 % des prix du diesel à partir du 1er août, justifiant cette intervention.
Dès lundi soir, les membres de la COMAC ont commencé à ajuster leurs prix à la pompe, conformément aux nouvelles directives de l’Autorité nationale du pétrole (NPA). Le prix plafond du diesel a été révisé à 14,97 cedis le litre pour la période du 4 au 15 août, contre 16,97 cedis initialement prévus. Cette mesure s’inscrit dans une logique de protection des consommateurs et des opérateurs du secteur aval, confrontés à une inflation persistante des coûts énergétiques.
Limites et perspectives
Si la réduction du prix du diesel est saluée pour son effet immédiat sur les transporteurs et les industries dépendantes de ce carburant, elle exclut délibérément le pétrole et le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Une exclusion qui prive les automobilistes privés et les petits commerçants utilisant des véhicules essence d’un soulagement similaire. Le directeur général de la COMAC, Riverson Oppong, a souligné que cette décision, non concertée avec les acteurs du secteur, reflète une approche unilatérale du gouvernement, limitant ainsi son impact économique global.
Cette mesure rappelle une intervention similaire menée en avril 2026, où 2 cedis avaient été absorbés sur le diesel et 0,36 cedi sur le pétrole pendant un mois, au coût de plus de 200 millions de cedis par fenêtre de prix. Le coût exact de la nouvelle subvention n’a pas encore été communiqué, mais son financement soulève des questions sur la soutenabilité budgétaire à moyen terme. À l’heure où les tensions géopolitiques persistent, cette initiative pourrait n’être qu’un répit temporaire, sans résoudre les défis structurels du secteur énergétique ghanéen.