Lors d'un dialogue financier organisé par Ecobank et JoyBusiness, le Dr Charles Nyaaba, ancien directeur de la Peasant Farmers Association du Ghana, a souligné l'urgence d'investir dans des systèmes de transport écologiques et des intrants agricoles biologiques pour lever les obstacles qui freinent les petits producteurs.
Transport durable : une priorité pour les producteurs ghanéens
Selon le Dr Nyaaba, l'absence de moyens de transport fiables entre les fermes et les marchés laisse de nombreux agriculteurs bloqués avec leurs récoltes, surtout dans les zones rurales où les routes sont peu développées. Il propose d'introduire des véhicules à batterie, notamment des chariots ou des remorques rechargeables, capables de circuler sur les chemins de terre et de réduire la dépendance aux moteurs thermiques. Ces solutions, inspirées de projets pilotes déjà testés, pourraient accélérer le déplacement des produits agricoles vers les points de vente, diminuer les pertes post‑récolte et améliorer la connexion entre les producteurs et les consommateurs.
Réduire la dépendance aux intrants chimiques grâce aux alternatives organiques
Le Dr Nyaaba a également attiré l'attention sur la forte utilisation de pesticides et d'engrais chimiques, qui demeure la norme pour la majorité des exploitations. Bien que le marché ghanéen commence à offrir des fertilisants et des produits phytosanitaires organiques, leur qualité, leur disponibilité et leur coût restent des obstacles majeurs à une adoption généralisée. Il a appelé à renforcer les chaînes d'approvisionnement en intrants biologiques, à garantir des normes de qualité et à former les agriculteurs à leurs bonnes pratiques d'utilisation, afin de réduire les impacts environnementaux et sanitaires liés aux produits chimiques.
Financement vert : leviers pour une agriculture résiliente
Pour que ces transformations soient viables, le Dr Nyaaba préconise un cadre de financement vert qui englobe à la fois les projets d'énergie renouvelable pour la production agricole et les initiatives de transport durable. Il suggère la mise en place de mécanismes de crédit spécifiques, soutenus par des institutions financières locales, destinés à faciliter l'achat de véhicules électriques et d'intrants organiques par les petits exploitants. Un tel soutien financier permettrait de réduire les coûts initiaux, d'encourager l'adoption de technologies propres et, à terme, de diminuer le coût de production tout en augmentant l'accès des agriculteurs aux marchés régionaux et internationaux.