Le Ghana franchit une étape décisive vers l’adoption de l’énergie nucléaire, un projet présenté comme clé pour diversifier son mix énergétique et soutenir son industrialisation. Lors d’un sommet dédié à l’énergie nucléaire en Afrique, les autorités ont réaffirmé la maturité du pays dans ce domaine, tout en soulignant l’importance de développer en parallèle les compétences humaines nécessaires.
Les faits essentiels
Le gouvernement ghanéen a confirmé la préparation du pays à intégrer l’énergie nucléaire dans son mix énergétique, une démarche visant à sécuriser un approvisionnement électrique fiable, abordable et adapté aux besoins croissants de l’industrie. Le ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, par intérim, a indiqué que le Ghana avait dépassé le stade des aspirations et entrait dans la deuxième phase de l’approche par étapes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour le développement d’une infrastructure nucléaire.
Les études de site, le renforcement institutionnel, l’engagement des parties prenantes et les discussions avec les fournisseurs de technologies sont déjà avancés. Parallèlement, le pays travaille à la conclusion d’un accord de coopération nucléaire avec les États-Unis, déjà initialé et en attente des approbations nécessaires. Les États-Unis ont également annoncé la création d’un centre régional de formation à Accra, en partenariat avec l’entité nationale dédiée au nucléaire, pour renforcer les compétences locales en matière de technologies de réacteurs, cybersécurité, gestion des déchets et assurance qualité.
Pourquoi c'est important
L’énergie nucléaire est présentée comme un pilier stratégique pour répondre à la demande électrique croissante du Ghana, passée de 300 mégawatts lors de la mise en service du barrage d’Akosombo à près de 4 500 mégawatts aujourd’hui. La majorité de la capacité de production actuelle repose sur des sources thermiques, ce qui rend la diversification urgente pour garantir la stabilité du réseau et réduire les coûts. Ce projet s’inscrit dans une volonté plus large de transition énergétique, combinant gaz naturel, énergies renouvelables et nucléaire pour une électricité à la fois fiable, bas-carbone et compétitive.
Au-delà de la production d’électricité, l’adoption du nucléaire est perçue comme un levier d’industrialisation, de création d’emplois qualifiés et de renforcement de la souveraineté énergétique. Les acteurs industriels et syndicaux insistent sur la nécessité d’une approche intégrée, associant investissements durables, partenariats internationaux et formation des ressources humaines, sans quoi le projet risquerait de rester lettre morte.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs étapes clés restent à franchir avant une mise en service opérationnelle. D’abord, l’aboutissement de l’accord de coopération nucléaire avec les États-Unis, dont la finalisation dépend désormais des approbations politiques. Ensuite, la concrétisation des engagements pris en matière de formation et de renforcement institutionnel, notamment via le centre régional de formation annoncé à Accra, dont l’impact dépendra de sa capacité à former durablement les futurs opérateurs et gestionnaires du programme.
Un autre point critique sera l’allocation des ressources financières et humaines nécessaires pour éviter un déséquilibre entre le développement des infrastructures physiques et celui des compétences locales. Enfin, la réussite du projet dépendra de la confiance du public, un enjeu souligné par les syndicats, qui appellent à une communication transparente pour garantir l’adhésion des citoyens. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la progression réelle de ce programme ambitieux.